Au moins 160 personnes ont été interpellées à Dubaï et dans les Émirats arabes unis pour avoir partagé des photos ou vidéos liées aux frappes iraniennes visant le pays. Ces arrestations s’appuient sur des lois très strictes encadrant les réseaux sociaux et la diffusion d’informations jugées sensibles par les autorités. Les personnes concernées risquent jusqu’à deux ans de prison et des amendes pouvant dépasser 50 000 dollars.
Ces mesures interviennent dans un contexte de conflit ouvert. Depuis fin février, l’Iran a mené des frappes de missiles et de drones sur le territoire émirati, causant des morts, des blessés et des dégâts sur des infrastructures civiles, notamment à Dubaï et Abou Dhabi.
Dans ce cadre, les autorités cherchent à imposer un contrôle strict de l’information. La diffusion d’images non validées officiellement est assimilée à une atteinte à la sécurité publique ou à un risque de panique. Des arrestations ont également concerné des touristes et des expatriés, parfois pour des contenus partagés en privé.
Ce choix traduit une logique claire : maîtriser le récit de la guerre en limitant la circulation d’images qui documentent ses effets concrets. Il est permis de s’interroger sur les conséquences d’une telle stratégie. Empêcher la diffusion d’informations ne supprime ni les frappes, ni leurs impacts humains et matériels.
Dans un contexte de conflit, la bataille ne se joue pas seulement sur le terrain militaire, mais aussi sur celui de l’information. À Dubaï, la ligne est désormais tracée : montrer la guerre peut coûter la liberté.