La Hongrie va empêcher le transit via son territoire de cargaisons importantes à destination de l’Ukraine aussi longtemps que Kyiv interrompra les livraisons de pétrole russe vers Budapest par l’oléoduc Droujba, a déclaré vendredi le Premier ministre hongrois Viktor Orban sur la radio publique hongroise.
Le chef du gouvernement hongrois a accusé l’Ukraine de chantage et affirmé que son pays utiliserait tous les moyens à sa disposition pour obtenir la reprise des flux de brut envoyés depuis la Russie. Selon lui, Budapest a déjà suspendu certaines exportations de carburant vers l’Ukraine et pourrait aller plus loin en bloquant le transit de marchandises jugées stratégiques.
La crise actuelle s’inscrit dans le contexte de l’arrêt de l’oléoduc Droujba, qui approvisionnait la Hongrie et la Slovaquie en pétrole russe jusqu’à son interruption en janvier, après la destruction d’une partie de l’infrastructure lors d’un bombardement russe ou d’un sabotage attribué par Budapest à l’Ukraine. Kiev refuse, selon les autorités hongroises, d’autoriser une inspection européenne des dégâts.
Les tensions se sont également aggravées au niveau européen. La Hongrie a maintenu son veto au nouveau paquet d’aides de l’Union européenne à destination de l’Ukraine, évalué à environ 90 milliards d’euros, ainsi qu’à de nouvelles sanctions contre la Russie.
Parallèlement, Budapest a annoncé la saisie d’un convoi ukrainien transportant des lingots d’une valeur estimée à 75 millions d’euros, une affaire présentée par les autorités hongroises comme liée à des irrégularités financières. Cette décision a contribué à détériorer encore les relations entre les deux pays.
Ces différends interviennent dans un climat politique tendu en Hongrie, où Viktor Orban, au pouvoir depuis seize ans, mène une campagne électorale marquée par des critiques répétées contre l’Union européenne et contre le soutien occidental à l’Ukraine. Les relations entre Budapest et Kyiv sont désormais au plus bas depuis le début du conflit russo-ukrainien.