La souveraineté ne se proclame pas, elle se pratique

La France regrette de ne pas avoir été informée des frappes américaines contre l’Iran. Mais être consulté n’est pas un droit, c’est un rapport de force. La souveraineté ne se proclame pas, elle se pratique.

La souveraineté ne se proclame pas, elle se pratique
Proclamation de l'abolition de la royauté, le 21 septembre 1792, la veille de la proclamation de la Première République. Haut-relief en bronze de Léopold Morice, monument à la République, Place de la République, Paris, 1883.
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Le président de la République s’est plaint de ne pas avoir été informé en amont par les Américains des frappes visant le régime iranien. Le reproche est révélateur. Il dit moins la brutalité supposée de Washington que l’affaiblissement de notre propre posture stratégique. On n’avertit pas un pays parce qu’il le demande. On l’avertit parce qu’on le considèrecomme indispensable.

La France aime invoquer son héritage gaullien. Elle cite volontiers l’indépendance nationale, la voix singulière, la capacité à dire non. Mais l’histoire ne se mime pas. Le général de Gaulle, face aux deux superpuissances de la guerre froide, avait construit une équidistance exigeante. Il refusait l’alignement automatique, qu’il vienne de Washington ou de Moscou. Il retirait la France du commandement intégré de l’OTAN non par caprice, mais pour rappeler que la souveraineté n’est crédible que si elle s’incarne dans des actes.

N’est pas de Gaulle qui veut.

Le non-alignement gaullien n’était pas une posture romantique ; c’était une stratégie. Il s’appuyait sur une autonomie militaire, une diplomatie active, une capacité industrielle et nucléaire, et surtout sur une volonté politique claire ― exister par soi-même. Cela impliquait parfois l’isolement, souvent l’incompréhension, mais toujours la cohérence.

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