Le président de la République s’est plaint de ne pas avoir été informé en amont par les Américains des frappes visant le régime iranien. Le reproche est révélateur. Il dit moins la brutalité supposée de Washington que l’affaiblissement de notre propre posture stratégique. On n’avertit pas un pays parce qu’il le demande. On l’avertit parce qu’on le considèrecomme indispensable.
La France aime invoquer son héritage gaullien. Elle cite volontiers l’indépendance nationale, la voix singulière, la capacité à dire non. Mais l’histoire ne se mime pas. Le général de Gaulle, face aux deux superpuissances de la guerre froide, avait construit une équidistance exigeante. Il refusait l’alignement automatique, qu’il vienne de Washington ou de Moscou. Il retirait la France du commandement intégré de l’OTAN non par caprice, mais pour rappeler que la souveraineté n’est crédible que si elle s’incarne dans des actes.
N’est pas de Gaulle qui veut.
Le non-alignement gaullien n’était pas une posture romantique ; c’était une stratégie. Il s’appuyait sur une autonomie militaire, une diplomatie active, une capacité industrielle et nucléaire, et surtout sur une volonté politique claire ― exister par soi-même. Cela impliquait parfois l’isolement, souvent l’incompréhension, mais toujours la cohérence.
Read the full article
Sur Fréquence Populaire, il n’y a pas de mur payant (paywall) : tous nos articles sont accessibles gratuitement.
Nous vous demandons simplement de créer un compte gratuit avec votre adresse e-mail.
Cela nous permet de :
– vous prévenir de nos nouvelles enquêtes, émissions et articles,
– éviter la publicité et tout pistage intrusif,
– mieux comprendre combien de personnes nous lisent réellement.
Contribuer financièrement est facultatif : vous pouvez lire l’article sans payer. Mais si vous le pouvez, votre soutien nous aide à faire vivre un média libre et indépendant.
Créer un compte gratuit