L’autre guerre d’Iran, que l’Occident est en train de perdre

Derrière les frappes et les annonces de cessez-le-feu se joue une autre guerre, plus profonde et plus durable. Une guerre des perceptions, des mémoires et des récits, dans laquelle le reste du monde observe et tire ses propres conclusions.

L’autre guerre d’Iran, que l’Occident est en train de perdre
Vision des peuples opprimés par les États-Unis de la victoire de l'Iran..
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Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont façonné une image qui va bien au-delà de leur puissance militaire. Ils se sont présentés comme des libérateurs, des garants de la démocratie et des défenseurs d’un ordre international jugé juste et nécessaire. Cette vision s’est imposée dans les pays occidentaux, au point de devenir une évidence, presque une vérité historique. En face, les puissances de l’Est, représentées par Joseph Staline et Mao Zedong, ont été vues comme des symboles de tyrannie, souvent comparées à la menace nazie. Pourtant, cette opposition simpliste vient surtout d’une construction idéologique de la guerre froide, plus que d’une analyse équilibrée des faits.

En même temps, une autre réalité se dessinait loin des capitales occidentales. Du Vietnam à l’Amérique latine, du Moyen-Orient à certaines régions d’Afrique, beaucoup de peuples ont subi des interventions, des ingérences, des coups d’État et des guerres menées ou soutenues par Washington. Le Vietnam, le Cambodge, le Chili, le Nicaragua, l’Irak, l’Afghanistan ou la Somalie illustrent un autre récit, où les États-Unis apparaissent moins comme des libérateurs que comme une puissance cherchant à défendre ses intérêts au détriment des souverainetés locales. Ce fossé entre le discours officiel et la réalité vécue a créé un ressentiment profond et durable, qui touche aujourd’hui tout le Sud global.

Pendant longtemps, les États-Unis ont tenté de justifier leurs interventions, parfois de façon discutable. Ils invoquaient la lutte contre le communisme, la sécurité nationale ou la défense des droits humains. Mais depuis le début des années 2000, ce besoin de justification s’est peu à peu affaibli. Déjà lors de la première guerre du Golfe, l’affaire des faux témoignages sur les bébés koweïtiens avait montré les limites de cette communication. En 2003, la présentation de preuves douteuses par Colin Powell à l’ONU sur les armes de destruction massive en Irak a marqué un tournant. Cet épisode a durablement entamé la crédibilité de l’Occident.

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