Le Liban, attaqué depuis deux semaines par Israël, replonge dans une guerre dont il n’a ni les moyens militaires, ni la capacité économique, ni la cohésion politique pour supporter le choc. Depuis deux semaines, les bombardements israéliens se sont étendus bien au-delà de la zone frontalière, frappant massivement le sud du pays mais aussi la banlieue sud de Beyrouth et plusieurs villes de l’intérieur. Dans le même temps, des mouvements de troupes au nord d’Israël et la multiplication d’opérations terrestres limitées laissent craindre une offensive plus large. Derrière les objectifs militaires affichés — neutraliser le Hezbollah et sécuriser la frontière — réapparaît une référence stratégique ancienne, le fleuve Litani, ligne historique des opérations israéliennes au Liban. Pour certains courants de la droite israélienne, cette ligne ne relève pas seulement de la tactique militaire, mais d’une extension territoriale plus vaste, qui nourrit aujourd’hui des inquiétudes croissantes dans la région.
Un pays saturé de réfugiés plongé dans une nouvelle catastrophe
Le Liban était déjà, avant l’escalade actuelle, l’un des États les plus fragiles du monde. Avec plus d’un million de réfugiés syriens pour une population totale d’environ cinq millions d’habitants, le pays vivait depuis plus d’une décennie sous une pression démographique, économique et sociale extrême. La crise financière ouverte en 2019, l’effondrement du système bancaire et l’explosion du port de Beyrouth avaient déjà profondément affaibli l’État. Tout cela se greffant sur plusieurs dizaines d'années de guerres civiles et d'affrontements multiples avec Israël.
Les bombardements actuels provoquent un nouvel exode massif. Des centaines de milliers d’habitants ont quitté le sud du Liban en quelques jours, fuyant les frappes aériennes et l’annonce d’éventuelles opérations terrestres — on parle maintenant de plus de 800 000 êtres humains jetés sur les routes de l'exode intérieur ou international, soit quasiment un habitant sur cinq. Des familles entières se déplacent vers Beyrouth, puis vers le nord du pays ou vers la frontière syrienne, dans des conditions le plus souvent chaotiques. Les structures d’accueil sont saturées, les services publics paralysés et les organisations humanitaires alertent sur un risque de crise majeure si les combats se prolongent.
Cette situation crée un cercle vicieux. Plus les bombardements s’intensifient, plus la population fuit, et plus l’État libanais apparaît incapable d’assurer le contrôle de son propre territoire.
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