Les Houtis ont averti le Pakistan et la Turquie de ne pas se joindre à l’Arabie saoudite dans le conflit qui les oppose à Riyad. Cette mise en garde intervient alors que les trois pays sont signataires de l’accord conjoint de défense de La Mecque, conclu le 7 août, qui prévoit un engagement de sécurité collective entre Ankara, Islamabad et Riyad.
L’accord de La Mecque engage ses membres à considérer une attaque armée contre l’un d’eux comme une attaque contre les trois. Ces derniers jours, la Turquie et le Pakistan ont réaffirmé leur solidarité avec l’Arabie saoudite dans le cadre de ce pacte, et Ankara a indiqué fournir un soutien surtout défensif et technique au royaume. Une réunion d’urgence du mécanisme politique et de défense de l’alliance s’est tenue à Riyad pour examiner les menaces visant l’Arabie saoudite.
Dans le même temps, les Etats-Unis n’ont pas rejoint l’effort militaire saoudien contre les Houtis. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a sollicité une aide militaire américaine auprès du président Donald Trump en septembre, sans obtenir d’engagement à des frappes américaines contre le mouvement houti. Washington est resté en dialogue avec Riyad et le gouvernement yéménite, mais n’est pas entré dans le conflit.
Le royaume saoudien fait face à une pression militaire croissante. Les Houtis ont revendiqué ces derniers jours des frappes contre l’aéroport international King Khalid de Riyad, des bases militaires et des installations du groupe pétrolier Aramco. Des incendies et des dégâts ont été signalés près de sites de raffinage, tandis que les attaques ont aussi visé d’autres aéroports saoudiens, faisant des morts et des blessés selon les autorités saoudiennes.
Sur le terrain yéménite, l’escalade a relancé la guerre après plusieurs années de trêve relative. Les forces soutenues par l’Arabie saoudite ont lancé une offensive autour du détroit de Bab el-Mandeb, tandis que les Houtis ont répondu par des missiles et des drones contre le territoire saoudien et par des menaces visant aussi les infrastructures pétrolières. Les attaques revendiquées contre des unités de raffinage et d’exploitation du pétrole interviennent au moment où Riyad apparaît sous forte tension sécuritaire et énergétique.
Sources :
- « Accord de défense entre entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie : les messages du pacte signé à La Mecque » — lemonde.fr
- « La Türkiye, l’Arabie saoudite et le Pakistan signent un accord conjoint de défense à La Mecque » — aa.com.tr
- « Pakistan says Mecca pact members to hold emergency talks on engaging Houthis » — aol.com
- « Turkey sending technical, defensive support to Saudi Arabia to help fight Houthis, officials say » — internazionale.it
- « Saudi crown prince sought US military help from Trump with Houthis, sources say » — investing.com
- « Saudi-backed Yemeni forces expel Houthi rebels from several areas around key strait, officials say » — apnews.com