La France et l’Allemagne ont demandé à Ursula von der Leyen la mise en place immédiate d’un dispositif européen d’arrêt d’urgence contre les pratiques commerciales déloyales. L’outil permettrait de bloquer des produits ciblés et, si nécessaire, d’exclure un pays entier du marché unique. Ce choix traduit un nouveau durcissement européen face aux distorsions imputées à Pékin. Ou plutôt... une volonté de durcissement, tant on comprend mal comment les pays désindustrialisés de l'Union européenne pourraient de manière effective bloquer des produits chinois, au risque de voir de grave pénuries dans tous les rayons des grandes surfaces.
La portée politique de l’initiative tient surtout au ralliement allemand. Berlin freinait jusqu’ici les réponses commerciales trop brutales contre la Chine, notamment dans l’automobile. La proposition commune avec Paris acte un basculemen. La première économie de l’UE soutient désormais un usage beaucoup plus offensif du marché unique comme arme de défense commerciale.
Le durcissement intervient alors que le déficit commercial de l’Union avec la Chine atteignait 360 milliards d’euros l’an dernier. L’UE a déjà ouvert puis conclu son enquête antisubventions sur les véhicules électriques chinois, avec des droits compensateurs désormais en place. Le Royaume-Uni, lui, examine encore sa position et n’a pas imposé de droits comparables sur ces véhicules.
Sources :
- « L’Allemagne et la France passent à l’offensive pour rééquilibrer les échanges commerciaux avec la Chine » — lemonde.fr
- « L'UE impose des droits sur les véhicules électriques injustement subventionnés en provenance de Chine » — ec.europa.eu
- « La Commission impose des droits compensateurs provisoires sur les importations de véhicules électriques chinois » — ec.europa.eu