« Nous sommes ici. Nous mènerons une lutte digne, nous résisterons. Renforcez encore davantage la solidarité que vous avez montrée jusqu’à présent, avec un esprit du Kurdistan et l’esprit de résistance des femmes. Nous faisons une promesse : nos ennemis ne doivent pas se réjouir. Tout le monde ici est prêt. Un peuple digne et honorable est ici, prêt à défendre ces terres. Ils ont promis de protéger les tombes de nos martyrs. (…) Nous n’accepterons rien d’autre qu’une vie digne. Berxwedan jiyan e — Résister, c’est vivre. Vive le Kurdistan ! » - Nesrin Abdullah, commandante des Unités de protection des femmes (YPJ) au Rojava.
Le Rojava, abandonné, brûle sous le fracas du monde
Tandis que l’actualité internationale sature l’espace médiatique de crises simultanées, une guerre d’extermination se déroule presque à huis clos, au nord-est de la Syrie, au Rojava, contre le peuple kurde. Depuis le début du mois de janvier, sous couvert de recompositions diplomatiques et de faux discours de stabilisation, les forces issues du nouveau pouvoir syrien dit « de transition » - les djihadistes « inclusifs » dirigé par Ahmed al-Sharaa — ancien chef djihadiste connu sous le nom d’al-Jolani — ont engagé une offensive brutale contre les Kurdes de Syrie. Ceux-là mêmes qui furent, hier encore, nos alliés les plus fiables dans la lutte contre Daesh.
Cette guerre n'a pas commencé pas dans le Rojava, mais à Damas et à Alep. Les quartiers kurdes de la capitale ont été méthodiquement écrasés, suivis par ceux d’Alep. Bombardements aveugles, assassinats de civils, viols de masse, exécutions sommaires, enfants traînés au sol... La violence déployée dépasse largement le cadre d’une opération militaire. Des combattantes kurdes capturées, n’ayant pas eu la « chance » de mourir les armes à la main, ont été livrées aux milices djihadistes, humiliées, précipitées du haut des immeubles. Les bourreaux s’attaquent même aux morts. Des tombes de combattants kurdes tombés face à Daesh sont profanées, détruites, effacées. Rien n’est laissé debout, ni les vivants, ni la mémoire.

Le silence comme complice
Face à cela, le silence. Silence médiatique presque total. Silence universitaire. Silence d’une classe politique qui détourne le regard, à l’exception de prises de position juste de responsables du Parti Communiste Français et de la France Insoumise (FI), mais contradictoires pour ce parti avec d'autres positions prises en France en soutien cette fois à ceux qui sont dans le camp des djihadistes ; à terme la FI devra choisir.
Ce mutisme n’est pas neutre, il est une complicité objective. Le plus grave est le silence diplomatique de la France qui frise la complicité. Pendant que l’Europe se tait, l’offensive s’étend désormais au cœur du Rojava, avec le soutien direct de la Turquie d’Erdogan.
Les forces d’al-Sharaa, appuyées par des milices djihadistes coalisées et par Ankara, ont attaqué la prison d’Al-Shadadi, que les Kurdes administraient depuis des années sans véritable soutien international. Le résultat est catastrophique, car des milliers de combattants de Daesh ont été libérés, parmi lesquels de nombreux djihadistes francophones. Cette libération massive constitue une menace directe pour la région, mais aussi pour l’Europe et la France.
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