« Bientôt, il n’y aura plus besoin d’incarcérer. Nous serons tous surveillés de si près. »
Bernard Harcourt, Exposed, 2015
Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, une loi qui interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Portée par la députée Laure Miller et soutenue par le gouvernement avec procédure accélérée, la mesure a été présentée comme une évidence, au nom de la protection de la santé mentale des adolescents contre le cyberharcèlement, l’addiction et l’exposition à des contenus violents.
Sur le papier, le principe est difficile à attaquer. Dans l’hémicycle, les promoteurs de la loi invoquent une « mesure de protection de l’enfance ». Qui oserait s’opposer à la protection des enfants ?
Mais à bien y regarder, cette loi dit en réalité moins de choses sur l’enfance qu’elle n’en dit sur la manière dont notre gouvernement entend désormais administrer la société. Derrière l’objectif affiché se dessine en effet une tout autre logique, celle d’une infrastructure de contrôle, déployée progressivement au nom de causes consensuelles.
Une trajectoire française déjà visible
Cette loi ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une trajectoire législative qui caractérise la France depuis déjà une décennie et au cours de laquelle on peut voir le gouvernement répondre aux crises sociales et politiques en recourant toujours plus à des dispositifs techniques de traçabilité et de gestion des conduites plutôt que par le débat politique et une volonté de s’attaquer aux causes.
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