Près d’un enseignant sur trois s’est mobilisé mardi 31 mars à l’appel d’une intersyndicale pour dénoncer les suppressions de postes, les fermetures de classes et l’absence de revalorisation salariale. Selon les syndicats, la participation a atteint 25 % dans le secondaire et jusqu’à un tiers dans le primaire, avec des pointes à 30 % dans certaines académies comme Lyon, Créteil ou en Normandie.
Cette journée de grève s’inscrit dans une « semaine de mobilisation » nationale, marquée par des manifestations et des actions locales. Les organisations dénoncent un budget jugé insuffisant au regard des besoins du service public d’éducation, dans un contexte de dégradation des conditions d’enseignement.
Au cœur du conflit, la suppression annoncée de 4 000 postes à la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré et 1 365 dans le second degré. Le gouvernement justifie ces arbitrages par la baisse du nombre d’élèves, avec 106 900 élèves en moins à la rentrée 2025, soit un recul de 1,7 % en un an.
Mais ce choix traduit une orientation contestée. Les syndicats estiment que la diminution des effectifs aurait pu être utilisée pour améliorer l’encadrement des élèves, réduire les effectifs par classe et renforcer les dispositifs d’accompagnement. Il est permis de s’interroger sur une logique consistant à ajuster mécaniquement les moyens à la démographie, sans prise en compte des besoins structurels du système éducatif.
D’autant que les projections annoncent une chute de 30 à 35 % des effectifs scolaires d’ici 2034 dans certains territoires. Une évolution qui, selon les organisations mobilisées, pourrait accentuer les inégalités si elle s’accompagne de nouvelles réductions de moyens, notamment dans les zones déjà fragilisées.