Donald Trump ne se contente plus de critiquer Emmanuel Macron. Il l’expose, le ridiculise et le présente comme un président affaibli, obligé de céder. Il dévoile des conversations privées, se moque de lui, de son couple et de sa position politique. Ce n’est plus seulement de la diplomatie musclée, c’est une tentative de le discréditer publiquement. Beaucoup de Français s’en réjouissent. Macron est détesté par une grande partie du pays, affaibli par les crises sociales, les réformes imposées et un sentiment de mépris. Voir Trump l’attaquer amuse, soulage et donne l’impression d’une humiliation méritée. Pourtant, cette vision est limitée. L’histoire politique montre souvent que l’ennemi venu de l’extérieur devient le meilleur allié intérieur de celui qu’il vise.

Il y a un réflexe presque automatique, celui qui fait que, quand une personnalité étrangère, surtout perçue comme arrogante ou brutale, attaque directement un dirigeant national, une partie de l’opinion ne pense plus au bilan, mais à la dignité nationale. On ne défend plus une personne, mais un symbole. Le rejet intérieur peut s’effacer, non par sympathie, mais par refus de l’ingérence. Cela s’est déjà vu ailleurs. Au Canada, le Parti libéral semblait perdu, puis Trump a multiplié les provocations et les menaces. Une partie de l’électorat, pourtant critique, s’est alors rassemblée derrière ceux qui résistaient à l’arrogance américaine. Même chose au Brésil, où Lula, affaibli par des conflits internes, a profité des attaques de Trump pour se présenter comme un chef d’État solide face à une puissance étrangère méprisante. Il n’a pas gagné par amour, mais parce qu’il servait de rempart.
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