Le secteur du commerce de détail allemand poursuit son recul structurel. Selon les prévisions de la fédération professionnelle HDE, le nombre de points de vente devrait passer sous le seuil des 300 000 d’ici fin 2026, une première depuis la réunification du pays. La diminution attendue est de 4 900 magasins sur l’année, pour atteindre environ 296 600 unités.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance de long terme. Depuis 2015, près de 70 000 commerces ont disparu en Allemagne, soit une moyenne d’environ 10 000 fermetures par an. Le niveau de faillites dans le secteur a atteint un point haut sur dix ans en 2025, avec 2 571 procédures enregistrées.
Plusieurs enseignes ont récemment annoncé des fermetures ou des retraits du marché. Le fabricant de chemises Eterna prévoit de cesser ses activités d’ici l’été 2026. La marque de prêt-à-porter Gerry Weber a fermé l’ensemble de ses magasins, tandis que Wormland, spécialisée dans la mode masculine, quitte le marché. Le distributeur de chaussures Görtz est également affecté par la crise. D’autres acteurs, comme Depot et Kodi, ont engagé des réductions significatives de leur réseau.
Le recul du commerce physique intervient dans un contexte de demande affaiblie. Les ventes au détail ont reculé de 0,9 % en janvier 2026 sur un mois, reflétant une baisse des achats non alimentaires. Selon la HDE, près de la moitié des commerçants anticipent une diminution de leur chiffre d’affaires en 2026, malgré une croissance nominale attendue de 2 %, limitée à environ 0,5 % en termes réels.
Parallèlement, le commerce en ligne continue de progresser, avec une part croissante dans le chiffre d’affaires global du secteur. Les détaillants évoquent également une hausse des coûts, notamment en matière d’énergie et de travail, qui pèse sur la rentabilité des points de vente physiques.
Le président de la HDE, Alexander von Preen, alerte sur les conséquences pour les centres-villes, déjà marqués par la multiplication des locaux vacants.