Une équipe de chercheurs du CNRS et de l’Université de Tokyo a présenté, début avril, une première mondiale : un protocole de chiffrement reposant sur de l’ADN synthétique. La démonstration, réalisée à Tokyo en présence d’Emmanuel Macron, a permis d’échanger un message sécurisé entre la France et le Japon à l’aide de deux clés strictement identiques, générées à partir d’échantillons d’ADN.
Le principe repose sur la conversion des séquences d’ADN en données numériques afin de produire une clé de chiffrement unique, utilisée selon le modèle du “one-time pad”, réputé théoriquement incassable. Les deux laboratoires, à Paris et Tokyo, ont ainsi pu générer indépendamment la même clé sans transmission numérique, limitant fortement les risques d’interception.
Selon les chercheurs, toute tentative de copie ou d’altération de l’échantillon d’ADN serait détectable, ce qui renforcerait la sécurité du dispositif. Contrairement à certaines technologies quantiques, ce protocole ne présente pas de contrainte de distance, ouvrant la voie à des communications sécurisées à très longue portée.
Ce choix technologique traduit une piste alternative aux infrastructures numériques dominées par les grandes puissances et les acteurs privés. Il est permis de s’interroger sur la capacité de l’Europe à investir durablement dans ces recherches, alors que la souveraineté des données reste largement dépendante de technologies étrangères.
Le procédé demeure toutefois lent — environ 24 heures pour générer une clé — et nécessite un échange physique préalable des échantillons. Il n’a pas encore fait l’objet d’une validation complète par la communauté scientifique.