Deux ans après l’arrivée de Javier Milei à la présidence, l’Argentine vient de tenir des élections législatives de mi-mandat marquantes. La coalition au pouvoir, La Libertad Avanza, a obtenu un peu plus de 40 % des voix et a renforcé sa présence au Congrès, passant de 37 à 80 députés et gagnant plusieurs sièges au Sénat. Mais cette progression s’est accompagnée d’une forte abstention : seulement 67 % de participation, le taux le plus bas depuis le retour de la démocratie en 1983, alors que le vote est obligatoire dans le pays.

Derrière ce qui ressemble à une victoire se trouve une crise de représentation profonde. Le désenchantement politique grandit, le péronisme s’effondre, la société se divise et l’économie s’affaiblit. En 2025, l’Argentine fait face aux ajustements du FMI, aux plans de sauvetage venus de Washington et à une dollarisation croissante. Le discours « anti-casta » de Milei, présenté comme une rupture, maintient en fait la dépendance du pays envers les grandes puissances financières et l’influence américaine, tout en renforçant un modèle néolibéral strict où l’État social disparaît peu à peu.
Pour mieux comprendre la situation, Fréquence Populaire a échangé avec Ursula Asta. Journaliste et spécialiste en communication et criminologie, elle observe depuis longtemps les évolutions politiques et sociales du pays. Déjà venue dans notre émission Dialogue d’Experts pour parler des débuts du gouvernement Milei, elle nous aide cette fois à éclairer le sens politique de ce scrutin, les raisons de la baisse de participation et les effets concrets de la nouvelle répartition du pouvoir en Argentine.
PG — Pedro Guanaes : Javier Milei a remporté les élections législatives de mi-mandat, mais avec une participation historiquement basse : à peine plus de 67 % dans un pays où le vote est obligatoire. À quoi attribuez-vous ce niveau d’abstention ?
UA — Ursula Asta : Javier Milei a gagné les élections législatives nationales, les élections de mi-mandat en Argentine. Sa force politique a obtenu, à l’échelle nationale, plus de 40 % des voix, ce qui lui permet d’ajouter des députés à la Chambre des députés et des sénateurs à la Chambre des sénateurs, dans le cadre de cette élection qui renouvelle partiellement le Congrès argentin.
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