Dès le début de cette vidéo diffusée par France Info et visible sur X le 12 novembre 2025, le ton est ferme et solennel : «L’Europe a bien identifié la menace, mais elle a du mal à y répondre.» Cette déclaration s’inscrit dans un contexte particulier : deux scandales récents ont mis à mal la crédibilité du média public, à savoir une infographie manipulée et une accusation mensongère diffusée en direct. Cela soulève une question : s’agit-il encore d’un travail d’analyse journalistique ou d’une simple reprise d’éléments institutionnels sans recul ? Notre démarche ici est simple : examiner chaque affirmation de la vidéo, vérifier les faits, relever les oublis et voir si France Info respecte les principes du journalisme indépendant ou s’inscrit dans une logique de communication du pouvoir.
Propagande, articles en ligne falsifiés, fausses informations propagées sur les réseaux : la Russie tente de désinformer l'Europe par de nombreux canaux. #canal16 pic.twitter.com/foIVEgpnQA
— franceinfo (@franceinfo) November 12, 2025
Une “menace bien identifiée”: un slogan politique, pas un fait établi
Dès le début, la vidéo de France Info affirme que « l’Europe a bien identifié la menace ». Cette phrase, en apparence neutre, est pourtant déjà problématique : elle transforme en certitude ce qui n’est en réalité qu’une position institutionnelle. À ce jour, aucun document public de l’Union européenne ne propose une définition claire, stabilisée et partagée de ce que serait précisément la « menace informationnelle russe ». Les publications européennes décrivent au contraire les « menaces hybrides » comme des phénomènes multiformes mêlant opérations informationnelles, cyberattaques, pressions économiques, actions politiques clandestines et, parfois, une dimension militaire, avec pour caractéristique commune d’être difficiles à détecter et à attribuer formellement. Les documents de l’EEAS, du Conseil de l’Union européenne ou encore les analyses produites par le Hybrid CoE soulignent régulièrement que ces menaces combinent des moyens conventionnels et non conventionnels, qu’elles se situent souvent sous le seuil de la guerre ouverte et qu’il est complexe d’en identifier clairement les auteurs ou les mécanismes exacts. Les textes de l’OTAN vont dans le même sens en décrivant un ensemble hétérogène d’actions hybrides dont l’attribution demeure problématique. Autrement dit, même au niveau institutionnel, le concept est flou, évolutif et largement politique : on peut décrire ce qu’il recouvre potentiellement, mais beaucoup moins en établir les contours précis ni en mesurer l’ampleur réelle.
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