Des informations non confirmées circulant ce 18 mars font état de frappes israéliennes contre des infrastructures énergétiques situées dans le sud de l’Iran contrairement aux recommandations mondiales qui avaient été faites. En riposte, le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien aurait ordonné l’évacuation de plusieurs installations énergétiques situées en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis.
Les sites mentionnés comme potentiellement visés par une mise en garde ou une évacuation sont la raffinerie de Samref en Arabie saoudite, le champ gazier d’Al-Hasan aux Émirats arabes unis, le complexe pétrochimique de Jubail en Arabie saoudite, ainsi que le complexe pétrochimique de Mesaieed et Mesaieed Holding Company au Qatar. À ce stade, ces sites n'ont pas été attaqués par l'Iran, mais sont en état d'alerte maximum... sans que grand chose puisse être fait si une telle attaque devait avoir lieu dans les heures qui suivent. Ce sont des cibles officiellement désignées par l'apapreil militaire iranien.
Si ces informations étaient confirmées, elles marqueraient un changement d’échelle dans la confrontation régionale. Une séquence dans laquelle des installations énergétiques iraniennes seraient frappées, puis où des infrastructures du Golfe seraient à leur tour menacées ou touchées, exposerait directement les grands centres de production, de raffinage et d’exportation d’hydrocarbures du Moyen-Orient. Le risque ne concernerait alors plus seulement les opérations militaires elles-mêmes, mais la continuité de l’approvisionnement mondial en pétrole, en gaz et en produits raffinés de manière durable. Le détroit d'Ormuz peut être réouvert n'importe quand. Reconstruire des infrastructures énergétiques exigent des mois d'efforts, une fois la guerre terminée, ce qui n'est pas encore le cas, pendant lesquels la production mondiale sera fortement affectée.
Un tel scénario aggraverait fortement les tensions déjà concentrées autour du Golfe arabo-persique et du détroit d’Ormuz. Depuis le début des crispations régionales, ce passage maritime est régulièrement évoqué comme point de vulnérabilité majeur pour le commerce mondial des hydrocarbures. Mais la destruction ou l’endommagement durable d’infrastructures terrestres changerait la nature de la crise : l’enjeu ne serait plus seulement le transit, mais la capacité même à produire, traiter et exporter.
Les conséquences économiques pourraient être immédiates. Une dégradation simultanée d’installations iraniennes et de sites situés dans les monarchies du Golfe provoquerait vraisemblablement une tension brutale sur les marchés de l’énergie, avec des effets en chaîne sur les prix du carburant, du transport, de l’électricité, des prix des engrais, des prix de l'alimentation et de nombreux intrants industriels. Une telle évolution pèserait aussi sur le commerce international, l’inflation et les finances publiques de nombreux États importateurs.
Sur le plan diplomatique, une extension du conflit à des infrastructures situées hors d’Iran compliquerait encore toute désescalade. Elle impliquerait plus directement plusieurs États du Golfe, tout en augmentant la pression sur les alliés d’Israël et sur les acteurs extérieurs engagés dans la sécurité régionale. En l’état, les informations disponibles décrivent un possible basculement vers une crise régionale plus grave encore aux très fortes incidences mondiales.
Si ces informations sont confirmées, cela signifie que Israël, de peur que les Etats-Unis se retirent pour cause de décalage complet avec la promesse d'une guerre courte vendue à Donald Trump, escaladent le conflit, sachant que la riposte à la destruction d'infrastructures énergétiques iraniennes aurait pour réponse la réciproque dans les Etats du Golfe.
La guerre d'Iran est peut-être entrée dans une nouvelle phase.