Cet article est le second des deux articles rédigés en hommage à George Orwell. Le premier, dédié à la présentation de l'oeuvre d'Orwell, est accessible ici même.
« Les révolutions doivent se faire, il ne peut y avoir de progrès moral sans changements économiques drastiques, et pourtant le révolutionnaire s'active pour rien s'il perd contact avec la décence ordinaire humaine. »
George Orwell, « Qu’est-ce que le socialisme », in Essais, articles, lettres, Vol IV, 2001
« C’est sur ces dispositions à la solidarité et au respect des autres, à l’honnêteté et à la loyauté que doit s’appuyer l’action politique. L’activité politique ne peut se couper de cette expérience pré-politique. Elle doit constamment s’y ressourcer. »
Bruce Bégout, De la décence ordinaire, 2008
L’expression apparaît pour la première fois chez George Orwell dans son livre-enquête Le Quai de Wigan(1937) et revient ensuite régulièrement sous sa plume jusqu’à sa mort. C’est le cœur de sa vision de la société. Et pourtant, il ne l’a jamais définie rigoureusement. Peut-être parce qu’elle ne se définit pas, elle se vit.
Par exemple, dans les foyers ouvriers du Nord de l'Angleterre où il a vécu pendant son enquête.
« Dans un foyer ouvrier […] on respire une atmosphère de chaleur, de décence vraie, de profonde humanité qu'il n'est pas si facile de retrouver ailleurs »
« J'ai souvent été frappé par l'impression de tranquille plénitude, de parfaite symétrie si vous préférez, que dégage un intérieur ouvrier quand tout va bien. En particulier l'hiver, après le thé du soir, à l'heure où le feu luit doucement dans le fourneau de cuisine et se reflète dans le garde-feu d'acier, à l'heure où le père, en manches de chemise, se balance dans son rocking-chair en lisant les résultats des courses, tandis que la mère, lui faisant pendant de l'autre côté de l'âtre, fait de la couture – les enfants qui se régalent de trois sous de bonbons à la menthe et le chien qui se rôtit doucement sur le tapis de chiffons… C'est un endroit où il fait bon vivre, à condition de n'être pas là juste physiquement, mais aussi moralement. »
George Orwell, Le Quai de Wigan, 1937
Orwell l'a aussi éprouvée dans l’accueil qu'il a reçu.
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