« Si la vérité était dite dès le départ, il n’y aurait ni raison ni volonté de faire la guerre. »
Arthur Ponsonby, Falsehood in War-Time, 1928
Lord Arthur Ponsonby, un parlementaire britannique pacifiste, publia en 1928 Falsehood in War-Time (Le mensonge en temps de guerre), un ouvrage dans lequel il répertoriait les procédés de propagande employés par les gouvernements pendant la Première Guerre mondiale.
Soixante-treize ans plus tard, l’historienne belge Anne Morelli, professeure à l’Université libre de Bruxelles, reprit et systématisa ces observations dans Principes élémentaires de propagande de guerre (2001). Elle y dégageait dix procédés récurrents, dix structures narratives que l’on retrouve, systématiquement, dans tous les conflits modernes. Et si cette logique se reproduit, c’est parce qu’elle fonctionne. Elle s’appuie sur des ressorts psychologiques profonds et sert simultanément les intérêts de ceux qui la diffusent.

Sans surprise, les déclarations officielles américaines et israéliennes depuis le 28 février 2026 sont une parfaite illustration de cette rhétorique de guerre.
La situation française, elle, est plus nuancée ; la France n’étant pas (encore) belligérante directe – elle a d’abord affirmé n’avoir été « ni prévenue ni impliquée » dans les « frappes ».
Pourtant, très rapidement, le discours dominant, celui du gouvernement, ainsi que de la droite, de l’extrême droite, d’une fraction de la gauche de nombre d’intellectuels médiatiques et d’une large fraction des médias « mainstream », s’est mis à reproduire, principe après principe, les structures identifiées par l’historienne belge ; offrant ainsi l’exemple d’une propagande de guerre déployée par un pays qui prétend ne pas la faire. Une propagande par procuration, qui accompagne et légitime une guerre décidée et menée par d’autres.
1. « Nous ne voulons pas la guerre. »
Le premier principe identifié par Morelli est la dénégation. Les dirigeants belligérants commencent toujours par affirmer qu’ils n’ont pas voulu la guerre, qu’elle leur a été imposée par les circonstances ou par l’adversaire.
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