Sacré à Cannes, poursuivi dans son propre pays, Jafar Panahi fait le choix de rentrer en Iran malgré la menace de prison. Ce geste, qui dépasse la seule trajectoire individuelle, dit quelque chose de profond sur le lien à la patrie, sur le réflexe de ralliement face à l’agression extérieure, et sur les effets paradoxaux d’une guerre censée affaiblir un régime mais qui, en réalité, tend à le consolider.
Un cinéaste en opposition constante avec le régime
Depuis plus de vingt ans, Jafar Panahi s’est imposé comme l’une des grandes voix du cinéma mondial. Son œuvre, ancrée dans le réel iranien, dissèque la société iranienne, les crimes de pouvoir, les contraintes sociales et les angles morts du système. Cette liberté de ton lui a valu une reconnaissance internationale exceptionnelle, mais aussi une confrontation directe avec les autorités de son pays.
Condamné pour « propagande contre le système », interdit de tourner pendant des années, régulièrement inquiété et emprisonné, Panahi n’a jamais cessé de créer. Bien au contraire, il a fait de la contrainte un langage, de l’interdit une méthode. Ses films, souvent tournés clandestinement, témoignent d’une volonté inébranlable, malgré tout, de s'exprimer, et à travers lui une partie du peuple iranien.
Son dernier film, Un simple accident, réalisé en secret à Téhéran et ouvertement critique du régime, s’inscrit dans cette continuité. La Palme d’or obtenue au Festival de Cannes en 2025 consacre une œuvre déjà majeure, tout en lui donnant une résonance politique accrue.
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