Jessica Alupo, vice-présidente de l’Ouganda, s’est adressée à l’ONU avec une force inédite, affirmant que l’Afrique ne demande pas d’assistance, mais une place équitable dans les décisions mondiales. Son discours, prononcé lors de la 80e session de l’Assemblée générale, interpelle sur la nécessité de réformer le système international pour mieux représenter les intérêts africains.
Dans un contexte où le multilatéralisme est souvent mis à l’épreuve, Alupo rappelle l’importance de la coopération globale pour faire face aux crises contemporaines. Son allocution témoigne de l’engagement de l’Ouganda dans la promotion de la paix en Afrique de l’Est, notamment par son soutien aux missions de maintien de la paix en Somalie, au Soudan du Sud et en République démocratique du Congo. En soulignant les responsabilités partagées en matière de sécurité, elle dénonce le manque de financement stable des opérations de paix, mettant ainsi en lumière une réalité souvent ignorée par les grandes puissances.
Au-delà des enjeux sécuritaires, Alupo aborde la question cruciale de la représentation africaine au sein du Conseil de sécurité de l’ONU. Elle plaide pour une réforme démocratique qui corrige la sous-représentation du continent, un appel qui résonne particulièrement dans le contexte des discussions sur l'équité et la justice internationale. La vice-présidente évoque également la situation israélo-palestinienne, affirmant que la solution à deux États reste la seule voie viable pour une paix durable. Ce point de vue, souvent marginalisé dans les débats, mérite une attention renouvelée dans les forums internationaux.
Sur le plan humanitaire, l’Ouganda se positionne comme un modèle, ayant accueilli près de 1,9 million de réfugiés malgré des ressources limitées. Alupo souligne que cette solidarité ne doit pas être un fardeau unilatéral, mais doit s’accompagner d’un soutien international adéquat. L’accueil des réfugiés est présenté comme un acte de dignité humaine, réaffirmant l’importance de la coopération dans la gestion des crises migratoires. Ce discours ne se limite pas à un plaidoyer pour l’assistance, mais appelle à un partage équitable des responsabilités entre les nations.
En conclusion, l’intervention de Jessica Alupo à l’ONU est un appel vibrant à redéfinir les relations internationales. Elle rappelle avec force que l’Afrique n’est pas un continent à secourir, mais un acteur à part entière, capable de contribuer à un monde plus juste et équitable. Son message ne doit pas rester sans écho, car il soulève des questions fondamentales sur notre capacité collective à construire un avenir durable dans un cadre multilatéral rénové.