Kallas accuse Washington de vouloir « diviser l’Europe » : nouvelles tensions transatlantiques sur fond de guerre commerciale

Kaja Kallas accuse les États-Unis de chercher à affaiblir l’Union européenne, sur fond de droits de douane et de conflits commerciaux relancés par Donald Trump. Une déclaration qui illustre la dégradation des relations transatlantiques et les fragilités stratégiques du bloc européen.

Kallas accuse Washington de vouloir « diviser l’Europe » : nouvelles tensions transatlantiques sur fond de guerre commerciale
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La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, a accusé les États-Unis de vouloir « diviser l’Europe » et de ne pas apprécier l’existence même de l’Union européenne, dans un entretien publié le 13 mars par le Financial Times. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Bruxelles, marqué par une série de mesures commerciales et de désaccords stratégiques depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine.

Selon Kallas, les États-Unis ont été « très clairs » dans leur volonté de traiter séparément les pays européens plutôt que comme un bloc, une approche qui fragilise la capacité de l’Union à défendre ses intérêts communs. Elle a estimé que cette stratégie rappelait les méthodes employées par des puissances concurrentes du bloc européen, soulignant le risque d’un affaiblissement durable de la cohésion politique et économique de l’Union.

Depuis le début de son second mandat, Donald Trump a relancé une politique commerciale offensive, imposant des droits de douane à plusieurs partenaires, dont l’Union européenne. Son administration a également ouvert de nouvelles enquêtes visant les pratiques commerciales de plusieurs grandes économies, dont les pays européens, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et le Mexique. Ces procédures pourraient déboucher sur de nouvelles sanctions tarifaires dans les prochains mois.

Cette orientation alimente les critiques au sein de l’Union européenne, où certains responsables voient dans la dépendance économique et militaire vis-à-vis des États-Unis une fragilité structurelle. Ce choix stratégique, hérité de l’après-guerre froide et renforcé par l’intégration économique libérale, limite selon eux la capacité du continent à défendre une ligne autonome face aux intérêts américains.

Les déclarations de Kallas illustrent ainsi une tension récurrente dans la relation transatlantique : alliance militaire étroite au sein de l’OTAN, mais rivalités économiques persistantes. Elles relancent également le débat sur la souveraineté européenne, régulièrement invoquée mais rarement traduite en décisions capables de réduire la dépendance du bloc vis-à-vis de Washington.

Sources

  • Reuters — https://www.reuters.com
  • Financial Times — https://www.ft.com

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