La Cour pénale internationale (CPI) a entamé lundi à La Haye l’audience de confirmation des charges visant l’ancien président des Philippines, Rodrigo Duterte. Cette phase préliminaire doit se tenir sur une semaine et vise à déterminer s’il existe des preuves suffisantes pour renvoyer l’ex-chef de l’État en procès.
Le bureau du procureur accuse Rodrigo Duterte de crimes contre l’humanité, notamment de meurtres commis dans le cadre de la campagne dite de « guerre contre la drogue ». Les faits visés couvrent la période 2011-2019, lorsqu’il était d’abord maire de Davao, puis président des Philippines entre 2016 et 2022.
Selon l’accusation, ces crimes auraient été perpétrés dans le cadre d’une politique visant à éliminer des personnes soupçonnées de trafic ou de consommation de stupéfiants. La CPI examine la responsabilité présumée de l’ancien dirigeant dans des exécutions extrajudiciaires attribuées à des forces de sécurité et à des groupes agissant de concert avec elles.
L’audience de confirmation des charges ne constitue pas un procès. Les juges doivent décider, à l’issue de cette étape, si les éléments présentés par le procureur justifient l’ouverture d’un procès devant la Cour. Leur décision est attendue dans les semaines suivant la clôture des débats.
Les Philippines se sont retirées du Statut de Rome en 2019. La CPI estime toutefois être compétente pour les crimes présumés commis durant la période où le pays était encore membre de la Cour.