La Fonderie de Bretagne liquidée, 244 emplois emportés après l’échec de la reprise Europlasma

La Fonderie de Bretagne, créée par Renault en 1966 à Caudan, doit être liquidée jeudi faute de repreneur. Après la reprise par Europlasma en 2025 et la promesse d’un virage vers la défense, les 244 salariés sont frappés par un nouvel échec industriel.

La Fonderie de Bretagne liquidée, 244 emplois emportés après l’échec de la reprise Europlasma
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La Fonderie de Bretagne, créée par Renault en 1966 à Caudan, dans le Morbihan, doit être placée en liquidation judiciaire jeudi, faute de repreneur. Les 244 salariés du site risquent de perdre leur emploi. La décision met fin à soixante ans d’activité industrielle dans un bassin déjà éprouvé par les restructurations et confirme un nouveau décrochage productif dans une filière automobile française fragilisée.

L’usine, spécialisée dans les pièces automobiles, avait été reprise en 2025 par Europlasma. Le groupe avait alors présenté un projet de reconversion vers l’industrie de la défense, avec notamment la fabrication de corps d’obus de mortier. Son propriétaire avait promis 15 millions d’euros d’investissements sur trois ans. Cette réorientation s’inscrivait dans la montée en puissance des productions liées à l’armement, alors que l’industrie automobile continue de sacrifier des capacités sous l’effet des réorganisations des donneurs d’ordres et de la pression sur les coûts.

Au moment de la reprise, Europlasma avait mis en avant une offre articulée autour du redéploiement du site vers la défense. Le groupe a ensuite indiqué avoir apporté des financements importants à la Fonderie de Bretagne depuis le 1er mai 2025 et communiqué, en janvier 2026, sur une diversification engagée vers ce secteur. Mais le virage annoncé n’a pas stabilisé l’activité. Le site a aussi été affecté par un incendie le 20 janvier 2026, qui a interrompu la production selon Europlasma, aggravant une situation déjà tendue.

Malgré trois offres initiales, aucun repreneur n’a finalement confirmé son offre. Selon la CGT, un industriel européen intéressé n’a pas obtenu les conditions qu’il souhaitait, notamment un délai de 14 à 15 mois pour apporter suffisamment de commandes. Autrement dit, le calendrier exigé pour assurer la continuité du site n’a pas rencontré les besoins industriels d’un éventuel acquéreur. L’échec de cette reprise dit la profondeur du mal français : on prétend relancer l’industrie sans garantir ni visibilité sur les carnets de commandes, ni temps productif pour reconstruire un outil, ni responsabilité durable des groupes qui se désengagent.

La trajectoire de la Fonderie de Bretagne résume cette logique de survie sous perfusion de promesses successives. Reprise après un redressement judiciaire ouvert en janvier 2025, l’entreprise devait retrouver un avenir par la diversification et l’investissement. Europlasma avait annoncé une injection de 15 millions d’euros sur trois ans, en partie appuyée par des concours publics envisagés lors de la reprise. Mais l’absence de repreneur ferme acte l’échec du scénario de relance et renvoie une nouvelle fois salariés, sous-traitants et territoire au coût social des montages industriels instables.

La liquidation attendue jeudi clôt un épisode présenté comme une reconversion industrielle, mais débouche sur la suppression de 244 emplois et sur la disparition d’un savoir-faire installé depuis 1966. Pour les salariés, le dossier se referme sans solution industrielle confirmée. Pour le pays, il rappelle qu’une politique de réindustrialisation ne tient pas dans les communiqués, mais dans la durée des commandes, la maîtrise publique des filières et la protection effective des outils de production.

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