Le blocus du 10 septembre au lycée polyvalent Jean-Baptiste Dumas à AlÚs est le cri de colÚre d'une génération face à des réformes du bac jugées injustes. Les lycéens, unis dans leur diversité, se dressent contre un systÚme éducatif qui les ignore.
Les rĂ©formes engagĂ©es par Ălisabeth Borne suscitent une indignation palpable au sein des lycĂ©ens. La suppression du rattrapage et des points bonus du jury, deux Ă©lĂ©ments essentiels qui permettaient dâadoucir la pression des examens, sont perçus comme des dĂ©cisions arbitraires. En parallĂšle, l'accĂ©lĂ©ration du bac professionnel sans alourdir les programmes soulĂšve des inquiĂ©tudes quant Ă la qualitĂ© de l'enseignement et Ă la prĂ©paration des Ă©lĂšves Ă leur avenir professionnel. Ces mesures sont vĂ©cues comme une dĂ©responsabilisation des Ă©lĂšves, placĂ©s dans un parcours scolaire devenu un vĂ©ritable parcours du combattant.
Les tĂ©moignages recueillis tĂ©moignent d'un malaise profond. Les emplois du temps incohĂ©rents et Ă©reintants, loin de favoriser un apprentissage serein, engendrent fatigue et stress. Cette surcharge est d'autant plus problĂ©matique dans un contexte oĂč les Ă©lĂšves doivent jongler entre des exigences croissantes et une orientation scolaire de plus en plus dĂ©shumanisĂ©e, notamment Ă travers le systĂšme Parcoursup. Les algorithmes qui rĂ©gissent cette plateforme rĂ©duisent les aspirations individuelles Ă de simples chiffres, renforçant un sentiment d'abandon chez les jeunes.
MalgrĂ© ces dĂ©fis, une solidaritĂ© impressionnante Ă©merge au sein des Ă©lĂšves. Les divisions entre filiĂšres gĂ©nĂ©rale, professionnelle et technologique s'estompent au profit d'une lutte commune pour la reconnaissance de leurs droits. Ce mouvement n'est pas seulement une rĂ©action Ă des rĂ©formes, il est le reflet d'un besoin urgent de changement dans la maniĂšre dont l'Ă©ducation est pensĂ©e et mise en Ćuvre. Les lycĂ©ens affirment leur droit Ă la contestation, Ă la visibilitĂ© et Ă l'Ă©coute, prouvant ainsi que la jeunesse n'est pas un groupe Ă ignorer.
Ce reportage de FrĂ©quence Populaire, Ă travers son Ă©mission "Pas de blabla", met en lumiĂšre cette fracture entre les expĂ©riences vĂ©cues par les lycĂ©ens et les dĂ©cisions prises en haut lieu. En donnant la parole Ă ces jeunes, nous ouvrons un espace de dĂ©bat indispensable sur lâavenir de notre systĂšme Ă©ducatif, tout en rĂ©affirmant que leur engagement est le fondement d'une sociĂ©tĂ© plus juste. La mobilisation collective est une rĂ©ponse puissante Ă l'inaction et Ă l'aveuglement des dĂ©cideurs. Les lycĂ©ens ne demandent pas seulement Ă ĂȘtre entendus, ils exigent d'ĂȘtre respectĂ©s.