La grève et les blocages menés par des routiers en Campanie perturbent depuis plusieurs jours l’approvisionnement du sud de l’Italie. À Naples, les difficultés touchent à la fois les supermarchés et les stations-service. Le maire de la ville, Gaetano Manfredi, a averti que la capitale régionale risquait d’être paralysée si la situation se prolongeait, en soulignant l’appauvrissement progressif des rayons dans les commerces.
La tension est particulièrement forte sur le carburant. Gaetano La Rocca, président d’une fédération représentant les exploitants de stations-service de Campanie, a indiqué qu’environ 90 % des stations-service de la région étaient à court de carburant. La pénurie s’explique par les entraves sur les grands axes, mais aussi par des blocages signalés à proximité de sites de chargement et de dépôts, qui compliquent l’acheminement de l’essence et du diesel jusqu’aux pompes.
Les perturbations se concentrent autour de plusieurs nœuds routiers et logistiques de la région. La presse italienne a fait état de blocages autour des échangeurs autoroutiers de Caianello, sur l’A1, et de Nocera-Pagani, sur l’A30, ainsi que de tensions dans la zone portuaire de Naples et près des raffineries de l’est de la ville. Les autorités ont mis en place des escortes pour permettre le passage de camions transportant du carburant, des produits chimiques et des denrées alimentaires. Le préfet de Naples a fait état de 515 convois escortés entre Naples et sa province en une seule journée.
Dans les commerces alimentaires, les effets sont visibles. À Naples, des habitants ont découvert des rayons dégarnis pour le lait, les yaourts, les œufs, les pâtes, les huiles et les conserves de tomates. Les produits frais sont également touchés. Cette désorganisation résulte du ralentissement ou de l’interruption des livraisons dans plusieurs secteurs de Campanie, dans une région où l’approvisionnement dépend fortement du transport routier quotidien.
Le mouvement est porté par des transporteurs qui dénoncent l’envolée du coût du carburant et l’insuffisance des réponses publiques. La presse italienne situe le début de la crise actuelle à la fin du mois de février, après l’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, événement qui a accentué les tensions sur les produits raffinés et renchéri le diesel. Selon des chiffres relayés par les médias italiens à partir de données gouvernementales, les prix de l’essence et du gazole ont fortement progressé depuis février. Les organisations professionnelles du secteur jugent que cette hausse met en cause la viabilité économique de nombreuses entreprises de transport.
Les conséquences dépassent désormais les seules files d’attente aux pompes. Des médias italiens et l’agence ANSA ont signalé des difficultés croissantes pour les ambulances, les médecins, la collecte des déchets, les liaisons maritimes locales et certains services de transport public. Le gouvernement a engagé des discussions avec les représentants du secteur et annoncé de nouveaux soutiens financiers, tandis que plusieurs barrages ont commencé à être levés ailleurs dans le sud du pays. En Campanie, toutefois, le mouvement restait au cœur de la crise à la date des derniers bilans disponibles.
Sources :
- « A Napoli ancora blocchi e pompe a secco, 'delusi da misure Governo' » — ansa.it
- « In Campania blocchi dei tir sull'A1 e A30: dove sono le proteste e le code, quali strade alternative e dove manca la benzina » — corriere.it
- « Sciopero degli autotrasportatori, bloccata via Marina a Napoli, la Procura indaga su infiltrazioni mafiose. I medici: senza carburante si nega l'assistenza » — corriere.it
- « I TIR ripartono: rimossi i blocchi stradali al Sud. Stanziati altri 105 milioni dal governo - Carburanti, fonti Chigi: Kuwait disponibile a prorogare il price cap sulla rete Q8 » — rainews.it
- « Perché gli autotrasportatori scioperano? Il caro gasolio, gli aiuti in ritardo e le ragioni della protesta » — corriere.it