Dans un discours puissant à l'ONU, Philip Isdor Mpango, vice-président de la Tanzanie, a affirmé que l'Afrique ne demande pas la charité mais exige la justice. Son intervention s'inscrit dans un appel fort à un multilatéralisme rénové, où chaque nation, particulièrement celles du Sud, doit être entendue et respectée.
Le discours de Mpango lors de la 80e Assemblée générale des Nations Unies souligne des enjeux cruciaux pour l'Afrique et le monde entier. Il insiste sur la nécessité d'une réforme structurelle du Conseil de sécurité, en plaidant pour une représentation équitable du continent africain. L'absence de sièges permanents et de droits de veto pour l'Afrique est une injustice qui perdure et qui affaiblit la légitimité des décisions prises à l'échelle mondiale. Mpango rappelle que la paix et la sécurité doivent s'accompagner d'une reconnaissance des droits des peuples et d'une représentation équilibrée au sein des instances internationales.
La question du développement durable est également au cœur de son discours. La Tanzanie appelle à une réforme du système financier mondial, qui est actuellement un frein au développement des pays du Sud. La nécessité d'une meilleure redistribution des ressources et d'un allègement de la dette est urgente pour permettre le financement des Objectifs de développement durable. Dans un monde où les inégalités se creusent, la demande de justice économique est plus que légitime. Mpango met en avant les progrès réalisés par son pays en matière de santé maternelle et d'accès à l'eau potable, démontrant la résilience de l'Afrique face à des défis persistants.
Face à la crise climatique, le vice-président tanzanien appelle également à l'honneur des engagements pris par les nations riches lors des COP. Les pays vulnérables, comme la Tanzanie, doivent pouvoir compter sur un financement adéquat pour faire face aux pertes et aux dommages causés par le changement climatique. La justice climatique est donc présentée comme une condition sine qua non de survie pour les nations en développement. Mpango évoque également les sanctions économiques unilatérales qui frappent des pays sans mandat de l'ONU, réaffirmant ainsi la nécessité d'une approche juste et équitable dans les relations internationales.
Le discours de Philip Isdor Mpango dépasse le cadre d'une simple allocution diplomatique. Il est un cri de ralliement pour une Afrique qui refuse de se contenter de miettes et qui exige une place à la table des grandes décisions mondiales. Sa candidature pour un siège non permanent au Conseil de sécurité en 2029-2030 est un pas vers une voix plus forte et plus juste pour la paix et le développement équitable. L'Afrique est prête à jouer un rôle central dans la construction d'un avenir basé sur la dignité, la justice et la solidarité.