Dans une période où l’argent public est scruté avec attention, l’Agence Française de Développement soulève de nombreuses interrogations. Philippe Comte, invité de La Voix du Peuple, met en lumière les dysfonctionnements d’une institution qui prétend œuvrer pour le bien commun mais semble souvent tourner le dos aux préoccupations des plus vulnérables.
Dans l’émission diffusée le 18 février 2025, Philippe Comte dénonce l’inefficacité et l’opacité de l’AFD, qui gère un budget colossal de 11 milliards d'euros. Malgré cette somme impressionnante, les résultats sur le terrain sont loin d’être à la hauteur des attentes. Comte questionne la réelle portée de l’aide française au développement, souvent modelée par des intérêts géopolitiques plutôt que par un véritable souci humanitaire. Ce constat met en évidence une dérive inquiétante : l’AFD semble plus préoccupée par l’affirmation de l’influence française à l’étranger que par le soutien aux populations en détresse.
La comparaison avec l’USAID américaine révèle des similitudes troublantes, où l’aide devient un outil de manipulation plutôt qu’un vecteur de solidarité. Cette tendance à orienter les fonds vers des projets favorisant des ONG et des gouvernements alignés avec les intérêts de la France soulève des questions fondamentales sur la nature de l’aide internationale. Philippe Comte évoque un néocolonialisme déguisé, où les anciens rapports de domination persistent sous une forme modernisée. Ce constat est d’autant plus choquant qu’il se fait au détriment des véritables besoins, notamment en Outre-mer, où la pauvreté et l’exclusion sociale demeurent des enjeux cruciaux.
L’émission appelle à une refonte totale de l’architecture de l’aide, plaçant la transparence et la souveraineté au cœur des priorités. Philippe Comte insiste sur la nécessité d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner les pratiques de l’AFD. Il défend également l’idée d’un redéploiement des fonds vers des territoires qui en ont désespérément besoin, soulignant l’urgence d’une aide qui soit véritablement au service des populations plutôt qu’au service d’intérêts politiques.
Cette émission est un cri d’alarme qui interroge notre responsabilité collective face à l’utilisation des ressources publiques. Le débat sur l’aide au développement ne doit pas se limiter à un discours abstrait ou à des considérations diplomatiques. Il doit se matérialiser par des actions concrètes et une volonté politique de reconsidérer nos priorités. L’AFD doit devenir un acteur de changement authentique, en plaçant les besoins des populations au centre de ses préoccupations.