Dans une Europe qui prétend défendre ses valeurs, la réalité du terrain est bien différente. Philippe Grégoire, agriculteur français et voix essentielle du mouvement paysan, dénonce les ravages d’un système agricole mondialisé qui organise la mort des paysans au profit d’un agrobusiness déshumanisé.
Cette émission, animée par Pedro Guanaes Netto, s’inscrit dans un dialogue urgent sur la crise de l’agriculture en Europe. En s’appuyant sur l’entretien réalisé avec João Pedro Stedile du Mouvement des travailleurs sans terre (MST) au Brésil, Grégoire met en lumière les contradictions de l’Union européenne qui, tout en interdisant certains pesticides sur son territoire, continue de les produire et de les exporter vers le Sud global. Cette exportation toxique, loin d’être un acte isolé, s’inscrit dans une logique plus large de financiarisation de l’agriculture qui marginalise les petits paysans au profit de grandes entreprises agricoles. Le constat est amer : plus de la moitié des agriculteurs français vivent sous le seuil de pauvreté, une réalité insupportable qui témoigne de l’échec d’un modèle économique fondé sur la concentration des terres et la robotisation.
Philippe Grégoire appelle à une agriculture paysanne, locale et diversifiée, qui ne soit pas soumise aux règles du marché financier. L’émission aborde également la capitulation de l’Europe face aux États-Unis, illustrée par les accords commerciaux qui bradent notre souveraineté alimentaire. Ces décisions, prises en dehors de toute consultation démocratique, renforcent le déficit de légitimité des institutions européennes. Le mouvement paysan mondial, incarné par des organisations comme Via Campesina, oppose à cette dérive une vision d’une agriculture humaine et durable, fondée sur la justice sociale et l’équité.
Les enjeux soulevés par cette discussion sont cruciaux pour l'avenir de l'agriculture en Europe et au-delà. Il ne s'agit pas seulement de défendre une profession en crise, mais de questionner le modèle économique qui sous-tend notre alimentation. La résistance face à cette machine infernale doit s'organiser autour d'un modèle agricole qui protège les paysans et favorise des pratiques durables. Les solutions existent, mais elles nécessitent une mobilisation collective pour faire entendre la voix des agriculteurs et des consommateurs.
En conclusion, cette émission nous rappelle que les choix politiques que nous faisons aujourd'hui détermineront la santé de nos terres et la vitalité de nos sociétés demain. Il est temps de réévaluer nos priorités et de soutenir une agriculture qui respecte l'homme et l'environnement, car il en va de notre avenir commun.