Restriction contre l’ambassadeur américain : un geste diplomatique sur fond de contentieux stratégiques accumulés

Après l’absence répétée de l’ambassadeur américain à une convocation du Quai d’Orsay, Paris lui retire l’accès direct aux ministres. Une décision qui intervient dans un contexte marqué par des précédents lourds : Alstom, espionnage de la NSA, AUKUS et tensions industrielles.

Restriction contre l’ambassadeur américain : un geste diplomatique sur fond de contentieux stratégiques accumulés

La France a décidé le 23 février 2026 de restreindre l’accès de l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, aux membres du gouvernement. La mesure fait suite à son absence à une convocation du ministère des Affaires étrangères, liée à des déclarations américaines sur la mort de Quentin Deranque, décédé le 12 février à Lyon après des affrontements en marge d’une manifestation.

Le Quai d’Orsay a indiqué que l’ambassadeur ne serait plus autorisé à avoir d’accès direct aux ministres, tout en conservant la possibilité d’exercer ses fonctions diplomatiques et d’échanger avec les services compétents. Il s’agit de la seconde absence de Charles Kushner à une convocation officielle : en août 2025, il ne s’était déjà pas présenté personnellement après une lettre adressée au président de la République sur la question de l’antisémitisme.

La décision française intervient dans un climat de relations bilatérales marquées par plusieurs contentieux majeurs au cours de la dernière décennie. En 2014, le groupe Alstom avait été visé par des poursuites du Department of Justice américain pour corruption. L’un de ses dirigeants, Frédéric Pierucci, avait été arrêté et incarcéré aux États-Unis. La branche énergie du groupe avait ensuite été cédée à General Electric. Des rapports parlementaires français ont ultérieurement analysé les conséquences industrielles et stratégiques de cette opération.

Alcatel-Lucent avait également fait l’objet de procédures américaines anticorruption avant sa fusion avec Nokia en 2016. En 2015, les révélations de WikiLeaks ont établi que la National Security Agency (NSA) avait espionné plusieurs présidents français en exercice, dont Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.

En 2021, l’annonce du partenariat stratégique AUKUS entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie avait entraîné la rupture du contrat de sous-marins australiens conclu avec Naval Group, provoquant une crise diplomatique majeure entre Paris et Washington.

Dans ce contexte, la restriction imposée à l’ambassadeur américain est présentée officiellement comme une réponse à un manquement diplomatique. À la rédaction de Fréquence Populaire, on s’interroge néanmoins sur les conditions d’accès privilégié dont bénéficient les représentants américains au plus haut niveau de l’exécutif français, au regard des précédents industriels, stratégiques et de renseignement documentés ces dernières années.

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