L’Express a récemment publié une enquête « révélation » sur Alexandre Orlov, ancien ambassadeur de Russie en France, en suggérant que ce diplomate serait un espion du KGB : « Alexandre Orlov : l'ambassadeur de Russie en France, soupçonné d'être un espion du KGB». L’accusation, présentée avec le sérieux dramatique propre aux récits d'espionnage de romans de gare, repose sur l’idée qu’Orlov n’aurait pas été seulement un représentant officiel de son pays, mais également un agent dissimulé des services russes : « Nid d'espions. Le 24 février 2022, les Russes envahissent l'Ukraine, sous l'ordre de Vladimir Poutine. En France, l'ambassadeur de Russie, Alexandre Orlov, prend la parole à la radio et à la télévision pour défendre son pays. Et malgré ses tentatives d’influence, il nie depuis des décennies être un espion du KGB »... Autrement dit, derrière la figure publique du diplomate se cacherait un homme de l’ombre, un professionnel du renseignement infiltré au cœur de Paris. Sur le papier, l’intrigue est séduisante et donne le frisson – c'est d'ailleurs l'objectif, il faut bien vendre du papier. Dans la réalité, elle relève surtout d’une confusion intellectuelle assez remarquable, et d’une surenchère russophobe devenue presque automatique.
Un « scoop » construit... sur les attributs du métier d'ambassadeur
Ce que L’Express semble découvrir avec effroi, c’est qu’un ambassadeur russe défend les intérêts de la Russie... ce qui a tout l’air d’une découverte du fil à couper le beurre .
Il faut tout de même rappeler une évidence élémentaire. Un ambassadeur est précisément chargé de représenter son pays, de promouvoir ses positions, sa culture, ses intérêts stratégiques. À ce compte là, qualifier Orlov « d’agent d’influence » n’a rien d’une révélation. C’est même un truisme, vu que c'est la fonction même d'un ambassadeur : il représente son pays, donc les intérêts de son pays. Le pays d'accueil peut l'écouter ou pas, voire l'expulser, mais pas l'accuser de faire son métier public.
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