« Nous les avons libérés du nazisme, ils ne nous le pardonneront jamais » – citation apocryphe attribuée au Maréchal Joukov (commandant en chef des armées soviétiques pendant la deuxième guerre mondiale) qui représente l'état d'esprit des dirigeants soviétiques après 1945 et qui circule surtout après 1991, dans des milieux politiques ou mémoriels russes, puis sur Internet.
Le 2 février 1943, sur les rives glacées de la Volga, le monde bascule. La bataille de Stalingrad s’achève par la capitulation de la 6e Armée allemande. C’est l’un des événements les plus décisifs du XXe siècle, non seulement par son ampleur militaire, mais par sa portée symbolique. Pour la première fois, l’Allemagne nazie subit une défaite totale, irréversible, sous les yeux de l’Europe entière.
Car Stalingrad n’oppose pas seulement l’URSS au Reich. Autour de l’armée allemande se trouvent aussi des supplétifs venus de toute l’Europe... Roumains, Hongrois, Italiens, contingents collaborationnistes divers, dont les volontaires français de la LVF (Légion des Volontaires Français... contre le « bolchévisme ») engagés dans la croisade hitlérienne contre l’Est. Pour les peuples européens écrasés sous le joug nazi, Stalingrad fut une première lueur d’espoir. Enfin, une lumière au bout du tunnel. Certes, il restait encore plus de deux années de souffrances, de morts, de crimes contre l'humanité, de Shoah, de camps d'extermination, de destructions et de privation, mais symboliquement, Stalingrad marque bien le début de la fin.
Les spécialistes rappelleront, à juste titre, que la bascule stratégique définitive se consolide plus tard, à Koursk. Mais dans les consciences, Stalingrad est le moment où l’invincibilité allemande se brise. Là où Hitler promettait un empire millénaire, la Volga imposa le mur d'une vérité brutale : le Reich peut être vaincu.
L'espoir, dans la nuit noire de la deuxième guerre mondiale et la folie nazie, naissait à l'est, sur la Volga.

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