La cour criminelle départementale de Paris a condamné mercredi 25 mars 2026 l’islamologue Tariq Ramadan à dix-huit ans de réclusion criminelle pour viol et viol sur personne vulnérable sur trois femmes. Les faits jugés remontent à la période 2009-2016 et avaient donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire en 2017, après plusieurs plaintes déposées en France contre le théologien suisse.
Au terme de plusieurs années d’instruction, la justice française avait ordonné son renvoi devant une cour criminelle pour trois dossiers distincts. Durant le procès, l’accusé a reconnu des relations sexuelles avec les plaignantes mais a contesté toute contrainte, évoquant des relations consenties. La cour a retenu la qualification de viol, ainsi que la circonstance aggravante de vulnérabilité pour l’une des victimes.
Cette condamnation intervient après une première décision rendue en Suisse, devenue définitive en 2025, dans laquelle Tariq Ramadan avait été reconnu coupable de viol pour des faits commis en 2008. L’affaire française constituait le principal volet judiciaire visant celui qui fut pendant des années une figure médiatique influente dans le débat public sur l’islam en Europe.
Longtemps invité dans les universités, les médias et les conférences internationales, Tariq Ramadan était considéré comme une figure importante de l’islam politique en Europe et présenté par certains de ses soutiens comme un intellectuel musulman réformiste, tandis que ses détracteurs le décrivaient comme une voix intellectuelle des Frères musulmans en France. Sa condamnation marque l’aboutissement d’une procédure judiciaire ouverte il y a près d’une décennie et qui avait profondément divisé le monde universitaire, politique et médiatique.