Dans un monde où l'ordre international est en pleine mutation, l'Union européenne semble s'effondrer sous le poids des décisions prises ailleurs. Dans ce nouvel épisode de "La lumière au bout du tunnel", François Cocq et Georges Kuzmanovic analysent les fractures internes qui minent l'UE face à Washington.
Les événements récents ont révélé une Europe en crise, incapable de s'affirmer sur la scène mondiale. L’enlèvement de Maduro au Venezuela a non seulement provoqué un choc diplomatique, mais a également mis en lumière les divergences au sein de l'UE. Les États membres, loin de répondre d'une seule voix, ont montré des réactions éclatées, témoignant d’un manque de cohésion et d’une incapacité à défendre leurs intérêts communs. Dans un contexte où le pétrole vénézuélien et le pétrodollar deviennent des enjeux stratégiques, l'Europe se retrouve à la traîne, soumise aux décisions américaines qui dictent l'agenda mondial.
Ce numéro met en exergue un alignement sans contrepartie sur les États-Unis, où certaines élites européennes semblent avoir choisi le suivisme stratégique plutôt que l'affirmation de la souveraineté européenne. La Commission européenne, souvent perçue comme un acteur clé, apparaît de plus en plus marginalisée, tandis que des figures politiques comme Macron naviguent dans un océan d'incertitudes diplomatiques. Les stratégies nationales des États membres, qu'il s'agisse de l'Espagne, de l'Italie ou de l'Allemagne, révèlent un manque de vision commune, exacerbant les fractures internes et la désagrégation des lignes de consensus.
La question se pose alors : l'Union européenne peut-elle encore revendiquer une voix unifiée face aux défis globaux posés par des puissances comme la Chine et la Russie ? Alors que le terrain de jeu géopolitique se transforme, l'Europe, autrefois perçue comme un acteur de premier plan, risque de devenir un simple spectateur, incapable de défendre ses propres intérêts. La coalition des volontaires en Ukraine, présentée comme une force multinationale, ne fait que masquer une réalité opérationnelle bien plus complexe et incertaine.
En conclusion, cet épisode de "La lumière au bout du tunnel" n'est pas qu'un simple exposé des événements en cours, c'est un appel à la prise de conscience. L'effondrement de l'Europe face aux enjeux globaux nécessite une réflexion profonde sur la capacité de l'UE à se redéfinir. Pour s'imposer comme un acteur politique, elle doit impérativement retrouver son autonomie et sa voix, sans quoi elle risque de sombrer dans l'oubli au gré des décisions des autres.