Le discours de Željko Komšić à l'ONU résonne comme un cri de désespoir face à l'indifférence internationale. Dans un monde où le silence tue, il rappelle que les souffrances des populations ne doivent pas être ignorées. Sa voix, celle d'un témoin de l'Histoire, dénonce avec force les injustices qui perdurent et interpelle notre conscience collective.
Lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le président de la présidence de Bosnie-Herzégovine a pris la parole pour évoquer les crises contemporaines et les échecs de la communauté internationale. En dénonçant la guerre en Ukraine, il souligne l'illégalité de l'usage de la force pour redessiner les frontières. Cette situation crée un précédent dangereux qui menace l'ordre mondial établi. Komšić n'hésite pas à établir un parallèle avec la tragédie de Gaza, qualifiée de génocide ignoré par les puissances mondiales. Son discours est un appel à la responsabilité collective, une mise en lumière des douleurs infligées à des peuples déjà meurtris par l'histoire.
En se remémorant le génocide de Srebrenica, Komšić rappelle l'incapacité des Nations Unies à protéger les populations civiles. Cette tragédie, qui a marqué la Bosnie-Herzégovine, est un exemple flagrant des conséquences désastreuses d'un silence complice. La critique du système politique imposé par les accords de Dayton résonne également dans son intervention. Komšić dénonce une « ethnocratie » qui, loin de favoriser la démocratie, piège les citoyens dans un système politique aliénant. Cette réalité, qui perdure depuis trop longtemps, est le reflet d'un embargo sur la démocratie qui freine les réformes nécessaires et la justice sociale.
À travers son discours, Komšić appelle à une application cohérente et universelle du droit international, insistant sur le fait que les droits humains ne doivent pas être un privilège réservé à quelques États. La paix et la démocratie, affirme-t-il, sont des droits fondamentaux qui doivent être accessibles à tous. Son message est clair : une démocratie divisée par l'ethnie n'est pas une démocratie, c'est une prison politique. Cette affirmation est d'une actualité brûlante et interpelle chaque citoyen sur la nécessité de défendre ces valeurs essentielles.
Le discours de Željko Komšić à l'ONU est un puissant rappel que le monde ne peut rester silencieux face aux injustices. Il nous invite à réfléchir sur notre rôle dans la lutte pour la paix, le développement et les droits de l'homme. Dans un contexte où l'indifférence peut être complice des pires atrocités, il est impératif d'entendre ces voix qui s'élèvent pour la justice. En écoutant Komšić, nous prenons conscience que chaque silence compte et que notre engagement est plus que jamais nécessaire.