Le 12 février, vers 17h45 (heure locale), Ariane 6 a décollé du Centre spatial guyanais à Kourou, en Guyane française. Le lanceur opérait dans sa version la plus puissante, équipée de quatre propulseurs d’appoint, afin de placer en orbite basse 32 satellites de la constellation « Amazon Leo ».
Il s’agit du sixième vol d’Ariane 6. La mission comportait plusieurs nouveautés techniques et commerciales, notamment l’entrée d’un client privé d’envergure : Amazon. Ce lancement inaugure un partenariat portant sur 18 missions confiées à Arianespace, dans le cadre du déploiement d’une constellation qui doit compter à terme 3 200 satellites.
À ce jour, Amazon Leo disposerait d’environ 175 satellites en orbite. L’objectif affiché est de concurrencer Starlink, fondée par Elon Musk, qui compterait près de 9 400 satellites. Ce tir représente la charge utile la plus importante transportée jusqu’ici par Ariane 6.
Conçue pour préserver l’autonomie d’accès à l’espace de l’Europe, Ariane 6 a été développée par ArianeGroup dans le cadre d’un programme de l’Agence spatiale européenne (ESA), impliquant treize États membres. Le CNES assure la gestion des opérations au port spatial européen de Kourou.
La décision de lancer Ariane 6 remonte au Conseil ministériel de l’ESA de décembre 2014. Elle répondait à l’évolution rapide du marché des services de lancement et à la nécessité, pour l’Europe, de garantir un accès indépendant à l’espace, tant pour les satellites commerciaux que pour les missions institutionnelles.
Pour 2026, sept à huit décollages sont annoncés. Le lanceur est également pressenti pour la future constellation européenne Iris2, destinée à renforcer la résilience numérique du continent. Le contrat Amazon devrait générer 2,8 milliards d’euros pour le PIB de l’Union européenne d’ici 2029, dont 1,38 milliard pour la France, et soutenir environ 1 600 emplois.
Sources
- CNES — https://www.youtube.com/watch?v=5IiH09mCG5A