Epstein, ASE et indignations sélectives : le courage à géométrie variable

La France insoumise a demandé une commission d’enquête sur les ramifications françaises de l’affaire Epstein. Initiative légitime. Mais pourquoi cette ardeur disparaît-elle lorsqu’il s’agit des défaillances françaises de l’Aide sociale à l’enfance et d’affaires locales autrement plus dérangeantes ?

Epstein, ASE et indignations sélectives : le courage à géométrie variable
0%

Quand La France insoumise demande une commission d’enquête parlementaire sur les liens français de l’affaire Jeffrey Epstein, c’est un geste fort sur le plan politique. Il s’agit d’un réseau international d’exploitation sexuelle, d’élites impliquées, de cercles diplomatiques et financiers. Le Parlement a raison de vouloir savoir si des responsabilités françaises existent. Refuser cette enquête au nom de la séparation des pouvoirs peut se justifier légalement. Mais ce refus devient difficile à défendre politiquement quand on découvre que la justice française possède depuis 2019 des milliers d’e-mails liés à l’affaire Epstein. Six ans d’attente. Six ans sans réelle transparence. La séparation des pouvoirs semble alors moins un principe fondamental qu’un simple bouclier pratique.

Jusqu’ici, il est normal de vouloir faire la lumière sur d’éventuels liens français. Mais la différence saute aux yeux quand on regarde les chiffres. L’affaire Epstein concerne, d’après les procédures américaines et le fonds d’indemnisation, quelques centaines de victimes potentielles. C’est déjà énorme. Mais l’Aide sociale à l’enfance suit chaque année près de 380 000 mineurs, dont environ 200 000 sont placés hors de chez eux. Il ne s’agit plus d’un réseau criminel isolé, mais d’un système entier sous responsabilité publique.

Les signalements de violences en placement, les abus de certains accueillants et les fugues massives de mineurs exposés à des réseaux d’exploitation ne sont pas des sujets de débat. Ils sont étayés par de nombreux rapports parlementaires, des procédures judiciaires répétées et des témoignages accablants. On ne connaît pas le nombre exact d’enfants victimes d’abus en placement, mais le risque est reconnu. L’ampleur du problème dépasse largement celle de l’affaire Epstein. Pourtant, la réaction politique et médiatique n’est pas à la hauteur.

Read the full article

Sur Fréquence Populaire, il n’y a pas de mur payant (paywall) : tous nos articles sont accessibles gratuitement.

Nous vous demandons simplement de créer un compte gratuit avec votre adresse e-mail. Cela nous permet de :
– vous prévenir de nos nouvelles enquêtes, émissions et articles,
– éviter la publicité et tout pistage intrusif,
– mieux comprendre combien de personnes nous lisent réellement.

Contribuer financièrement est facultatif : vous pouvez lire l’article sans payer. Mais si vous le pouvez, votre soutien nous aide à faire vivre un média libre et indépendant.

Créer un compte gratuit
Vous avez déjà un compte ? Se connecter
Want to help fund this work? Discover ways to support us .

Qu'avez-vous pensé de cet article ?

🎧

Version audio

Écoutez cet article en audio pour plus d'accessibilité

Inscription réussie !

Connexion réussie, bon retour !

Merci ! Votre soutien à Fréquence Populaire a bien été enregistré.

Succès ! Vérifiez vos emails pour obtenir votre lien magique.

Vos informations de facturation ont bien été mises à jour.

La mise à jour de votre facturation a échoué.