Le câble sous-marin Asia Link Cable (ALC), conduit par China Telecom avec un consortium de treize opérateurs asiatiques, a officiellement atteint la station d’atterrissement de Chung Hom Kok à Hong Kong le 14 mai 2026. Le projet, long d’environ 6 200 kilomètres, doit connecter Hong Kong, Hainan, Singapour, le Vietnam, la Malaisie, Brunei et les Philippines. Sa mise en service commerciale est annoncée pour la fin de l’année 2026.
Avec une capacité annoncée supérieure à 325 Tbit/s, ALC deviendrait l’un des câbles les plus puissants de la liaison Hong Kong–Singapour. Les opérateurs impliqués mettent en avant la montée des besoins liés au cloud, à l’intelligence artificielle et aux échanges massifs de données dans la région Asie-Pacifique. China Telecom indique également que l’infrastructure doit renforcer ses capacités de routage régional et ajouter plus de 100 Tbit/s à son propre réseau international.
Au-delà de l’enjeu technique, ce déploiement s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation des infrastructures numériques des pays asiatiques proches de Pékin. Depuis plusieurs années, la Chine multiplie les investissements dans les câbles sous-marins afin de réduire sa dépendance aux infrastructures historiquement dominées par les consortiums occidentaux et les géants technologiques américains.
Le choix des routes, des stations d’atterrissement et des opérateurs partenaires traduit une volonté de bâtir des corridors de données davantage contrôlés par les États et entreprises asiatiques. Les câbles sous-marins transportent aujourd’hui l’écrasante majorité du trafic Internet mondial ainsi qu’une part essentielle des flux financiers internationaux.
Il est permis de s’interroger sur les implications géopolitiques de cette recomposition des infrastructures numériques mondiales. Pékin présente ces projets comme des outils de souveraineté technologique et de résilience régionale. Dans le même temps, les tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis autour des données, des semi-conducteurs et des réseaux de télécommunications poussent plusieurs pays émergents à diversifier leurs dépendances stratégiques.
ALC s’ajoute ainsi à une série de nouveaux câbles asiatiques soutenus par des groupes chinois ces dernières années, dans un contexte où le contrôle des flux numériques devient un enjeu central de puissance économique et politique.
Sources
- Singtel — https://cdn2.singteldigital.com/content/dam/singtel/about-us-singtel/media-centre/2022/20221108-fibre-optics-annex.png