L’ancien président bolivien Evo Morales accuse l’ambassade des États-Unis d’avoir demandé au président Rodrigo Paz d’instaurer la loi martiale, avec la promesse d’un appui américain. Il affirme aussi, par des relais proches de lui dans l’armée, que des responsables américains auraient fait valoir un enjeu sur le lithium bolivien. Ces accusations placent au premier plan la question de la souveraineté sur les ressources et des ingérences étrangères dans un pays où le contrôle des matières premières reste un point de fracture central.
Dans le même temps, des mineurs, des paysans et des ouvriers autochtones bloquent des routes et paralysent une partie du pays. Le mouvement proteste contre des mesures d’austérité néolibérales et contre une politique jugée hostile aux populations autochtones. Les manifestants réclament la démission du président, présenté par Morales et ses soutiens comme adossé à Washington.
La crise mêle ainsi affrontement social, conflit de légitimité politique et bataille autour des ressources minières. En Bolivie, le lithium occupe une place sensible dans le débat public en raison de son poids potentiel pour l’industrie et les recettes nationales. Or, les États-Unis cherchent par tous les moyens à sécuriser leurs accès ayx ressources rares, surtout depuis que la Chine impose à Washington sa loi dans ce domaine. Ce choix d’une réponse sécuritaire, s’il se confirmait, reviendrait à traiter une contestation sociale et populaire par l’exception plutôt que par la négociation politique.
Evo Morales et des sources proches de lui au sein de l’armée bolivienne attribuent à l’ambassadeur américain les propos suivants : « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le lithium ». Cela renforce, chez les partisans de Morales, l’idée d’un conflit où la maîtrise nationale des ressources et la place des classes populaires sont directement remis en cause... et ce qui semble clairement la réalité des faits.