Le Mali dans le viseur de Washington : anatomie d'une menace

Depuis la révélation d'un projet américain de frappes contre le JNIM au Mali, Bamako s'interroge sur le retour de Washington au Sahel. Un retour qui s'inscrit dans une logique constante où l'Afrique est avant tout perçue par les États-Unis comme un terrain de rivalité avec la Chine et la Russie.

Le Mali dans le viseur de Washington : anatomie d'une menace
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Huit ans de politique africaine de Trump
Depuis la révélation, le 22 juillet, d'un projet américain de frappes contre le JNIM au Mali, Bamako et ses partenaires observent, incrédules, le retour d'une option militaire américaine dans un Sahel dont Washington s'était largement retiré depuis 2024. Cet épisode, encore incertain, s'inscrit dans une trajectoire beaucoup plus longue, celle d'une Afrique que l'administration Trump, depuis 2017, ne regarde presque jamais pour elle-même, mais toujours comme un théâtre de rivalité avec Pékin et Moscou.

Une option pour le moment ...
Tout part d'une enquête du Washington Post, publiée le mercredi 22 juillet dernier. Le quotidien américain, citant des responsables actuels et anciens au fait des délibérations internes, affirme que l'administration Trump étudie des options militaires contre le Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), connu en français sous le nom de Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), la branche sahélienne d'Al-Qaïda et, de l'aveu même des analystes occidentaux, le groupe armé le plus puissant de la région aujourd'hui.

Le point est capital et mérite d'être répété avec la prudence qu'il impose, aucune décision n'a été prise, et le sujet divise jusqu'au sommet de l'appareil sécuritaire américain. Selon le Washington Post, Sebastian Gorka, directeur principal chargé de la lutte antiterroriste au Conseil de sécurité nationale de la Maison-Blanche, ferait partie des voix les plus favorables à une intervention. Interrogé sur ces révélations, un responsable de l'administration n'a ni confirmé ni infirmé une éventuelle autorisation de frappes, indiquant seulement que Washington encourage les gouvernements d'Afrique du Nord et de l'Ouest à s'équiper en matériel et services américains pour leur propre guerre contre le terrorisme. Le Pentagone a refusé tout commentaire, en effet, le département d'État s'est borné à réaffirmer sa condamnation des activités terroristes au Mali. Rappelons que Washington avait déjà classé le JNIM comme organisation terroriste étrangère dès 2018.

Si l'option venait à être validée, le Mali deviendrait le huitième pays frappé militairement par les États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, après le Yémen, la Somalie, la Syrie, l'Iran, l'Irak, le Nigeria et le Venezuela, un rythme d'interventions sans précédent pour un président qui avait pourtant promis, lors de sa campagne, de réduire l'engagement militaire américain dans les conflits extérieurs.

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