La société chinoise DeepSeek a annoncé vendredi le lancement en version preview de son nouveau modèle d’intelligence artificielle V4, attendu depuis plusieurs mois. L’entreprise, remarquée ces derniers mois pour ses progrès rapides, renforce ainsi sa présence dans la compétition mondiale qui l’oppose notamment aux groupes américains du secteur.
Selon les premières informations communiquées, DeepSeek-V4 se décline en plusieurs versions destinées à des usages différents, avec une offre orientée vers les performances avancées et une autre pensée pour des coûts d’exploitation réduits. L’entreprise met en avant des progrès en génération de code, en raisonnement et dans les usages dits agentiques, c’est-à-dire des systèmes capables d’enchaîner des tâches de manière autonome.
En parallèle, Huawei a indiqué que son infrastructure de calcul reposant sur les puces Ascend prenait pleinement en charge le nouveau modèle. Cette annonce est notable dans un contexte où les entreprises technologiques chinoises font face à des restrictions américaines limitant l’accès à certains semi-conducteurs avancés produits par Nvidia et d’autres groupes étrangers.
Jusqu’à présent, les puces Nvidia demeuraient largement dominantes dans l’entraînement et l’inférence des grands modèles d’IA. La communication conjointe autour de DeepSeek-V4 et de l’écosystème Ascend suggère une volonté d’accélérer la montée en puissance d’alternatives domestiques chinoises, tant sur le logiciel que sur le matériel.
Les précédents modèles de DeepSeek avaient déjà attiré l’attention internationale en affichant des performances jugées compétitives face à plusieurs références occidentales, avec des coûts de calcul présentés comme plus faibles. Cette trajectoire a alimenté le débat sur l’efficacité des contrôles à l’exportation comme instrument de ralentissement technologique.
Le lancement de V4 intervient ainsi à la croisée de deux dynamiques : l’intensification de la course mondiale à l’IA générative et la restructuration progressive des chaînes technologiques entre la Chine et les États-Unis. Pour Pékin, la capacité à disposer d’une pile complète, du modèle aux puces, constitue un enjeu industriel et stratégique croissant.