1) Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ;
2) Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ;
3) Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.
Cerles vicieux (1942), puis Fondations. Isaac Asimov
Au Japon, un robot nommé Ace vient de battre trois pongistes (joueurs de tennis de table) de haut niveau ayant chacun plus de dix années d’entraînement derrière eux. Beaucoup y verront une curiosité technologique, une démonstration de laboratoire, un divertissement pour salons industriels. Ce serait une erreur de lecture. Derrière cette table, cette petite balle virevoltante et ces échanges fulgurants, se joue peut-être déjà une bascule stratégique comparable à celle provoquée par Deep Blue lorsqu’il affronta Garry Kasparov. En 1996, la machine perdait le match, même si elle remporta une partie. En 1997, il y a presque trente ans déjà, elle battait le même champion du monde en titre, signant la première défaite d’un roi humain face à un système informatique dans un match officiel.
Deep Blue fut l’un des premiers signes visibles de la révolution technologique qui allait transformer le monde, un avant-goût de l’IA contemporaine à une époque où la plupart des êtres humains n’avaient même pas encore de téléphone portable. Ce qui semblait alors n’être qu’un duel d’échecs entre geeks, un sujet confiné aux laboratoires, aux universités, aux ingénieurs et aux passionnés du jeu se dessinait déjà le futur, celui de la puissance algorithmique, de l’automatisation et de la quatrième révolution industrielle.
Le ping-pong d’Ace relève de la même logique historique. Ce n’est pas le sport qui compte, c’est la compétence sous-jacente et surtout ses implications. Elles sont ici militaires, géostratégiques et dessinent les frontières entre les puissances de demain.
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