Déficit, dette, taux, inflation, la France s’enfonce inexorablement

Le budget 2027 provoque la défiance. Moody’s met en garde contre la fragilité des finances publiques, Barclays juge les prévisions du gouvernement irréalistes, et la charge de la dette bondit pendant que les taux français frôlent 5 %. Effondrement des comptes publics et de l'économie française ?

Déficit, dette, taux, inflation, la France s’enfonce inexorablement
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Le budget 2027 est déjà sous le feu des critiques. Moody’s a averti ses clients que l’adoption du budget et de celui de la Sécurité sociale était loin d’être acquise dans un Parlement fragmenté, à l’approche de la présidentielle d’avril 2027 et des législatives qui devraient suivre. Barclays juge de son côté les prévisions du gouvernement irréalistes et anticipe un déficit public de 5,5 % du PIB en 2027, plus mauvais encore que la cible gouvernementale de 5 % et au-dessus du niveau attendu en 2026. Ce décalage entame encore la crédibilité financière d’un pouvoir qui promet le redressement mais repousse sans cesse l’assainissement des comptes.

La charge d’intérêts de la dette publique, qui englobe l’État, la Sécurité sociale et les collectivités territoriales, devrait augmenter d’environ 15 % entre 2026 et 2027. Elle passerait d’environ 79 milliards d’euros à 91 ou 91,2 milliards, soit près de 12 milliards de plus en un an. La hausse des taux et l’accumulation du stock de dette se combinent pour absorber une part croissante des recettes publiques. L’Agence France Trésor indique déjà que le besoin prévisionnel de financement de l’État atteindra 339,7 milliards d’euros en 2027, en hausse de 28 milliards par rapport au niveau actualisé de 2026, dans un environnement de taux élevés qui renchérit les émissions et provoque des décotes.

Déjà estimée à 119 % du PIB à la mi-2026, la dette publique atteindra 121,7 % du PIB en 2027 selon les prévisions du gouvernement ; on peut donc s'attendre à pire encore. Dpuis 2017, la dette publique française a augmenté d'environ 1 378 milliards d'euros, soit +62 % en valeur nominale. Rapportée au PIB, elle est passée de 97 % à 119 %, soit +22 points de PIB.
Le pouvoir macroniste paie ici des années d’aggravation continue de l’endettement sans reprise durable en main des comptes publics. L’effet boule de neige est désormais manifeste, plus la dette grossit, plus son refinancement coûte cher, et plus les marges budgétaires se réduisent.

Ce qui inquiètent, en dehors de ce ces chiffres catastrophiques, c'est la vitesse de la dégradation de l'économie française. Et aucun signal de reprise ne se manifeste. La désindustrialisation du pays se fait cruellement sentir.
La France affiche encore un déficit commercial d'environ 62 milliards d'euros sur douze mois. Le spectaculaire redressement apparent de notre balance commerciale depuis le gouffre de 2022 masque en fait une réalité moins flatteuse. En 2025, le déficit commercial s'est réduit de 10 milliards d'euros, à 69 milliards. Mais hors énergie et matériel militaire, il s'est au contraire aggravé de 3,1 milliards, à 46,4 milliards. Autrement dit, la baisse du prix de l'énergie avait embelli les comptes extérieurs français tandis que notre déficit productif demeurait et s'est aggravé.
Pour rappel, 2022 fut une année exceptionnellement mauvaise pour la balance commercial avec un déficit de 162 milliards en 2022 à cause du choc énergétique. Or... nous entrons dans une nouvelle crise énergétique grave dont les effets vont se faire sentir lourdement sur des comptes publics absolument dégradés.

Ainsi, les marchés n'ont pas été rassurés par le budget Lecornu. Le taux auquel la France emprunte à dix ans a frôlé les 5 %, atteignant 4,96 % le jour de sa présentation, un niveau inédit depuis 2002. En moins de sept semaines (le 14 août ce taux était à 3,958 %) le rendement de l'OAT française à dix ans a ainsi gagné +100 points !!! Soit un point de pourcentage.
Un tel mouvement constitue un record et illustre la vitesse de dégradation des comptes publics français, au moment même où l’exécutif prétend restaurer la confiance.

Si une partie de cette envolée s'inscrit dans une tension mondiale sur les marchés obligataires, l'écartement spectaculaire du taux français par rapport au taux allemand traduit une défiance spécifique envers la trajectoire budgétaire française. Au moment même où l'exécutif prétend restaurer la confiance, les marchés lui présentent une facture de plus en plus lourde.
L’ironie est cruelle pour Emmanuel Macron, longtemps présenté par une caste politico-médiatique complaisante comme le « Mozart de la finance », alors que la facture de la dette devient l’un des premiers postes de contrainte du pays dont l'économie est aux abois.
Le temps de la présidence Macron restera un des pires dans l'histoire des comptes publics de la France et par rapport à l'état général de l'économie. Après moi le déluge dira-t-on de lui ?

For sure...

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