Ce mardi 27 octobre 2026, plus de sept millions d’Israéliens sont appelés aux urnes pour les premières élections législatives depuis le 7 octobre 2023. Après trois années de guerres, de destructions et de bouleversements géopolitiques, Benyamin Netanyahou joue sa survie politique, mais derrière le sort du Premier ministre se pose une question autrement fondamentale, existentielle et qui est au cœur de la politique israélienne et de ce qu'elle sera : Israël peut-il continuer à fonder sa sécurité sur la guerre permanente, au risque de son épuisement intérieur et de son isolement international ?
Un scrutin historique pour un pays profondément fracturé
La participation exceptionnelle enregistrée dès les premières heures du scrutin témoigne de l'importance de cette journée. Selon les premières données communiquées par la Commission électorale, plus de 1,2 million d'électeurs avaient déjà voté trois heures après l'ouverture des bureaux, soit 16,68 % du corps électoral, un niveau inédit à cette heure depuis 1981.
Pour Benyamin Netanyahou, surnommé depuis longtemps « Bibi », l'enjeu dépasse la conquête d'une nouvelle majorité parlementaire. Il s'agit, en effet, de conserver un pouvoir auquel il s'accroche depuis des décennies, mais aussi de défendre son bilan, de préserver son avenir judiciaire et d'échapper au jugement politique sur les catastrophes qui ont marqué son gouvernement.
Face à lui, une opposition hétérogène, conduite notamment par l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot, entend mettre fin à l'emprise du Likoud et de ses alliés ultranationalistes et religieux sur la politique israélienne. Mais le système électoral israélien, proportionnel et fragmenté, rend l'alternance incertaine. Il faut réunir 61 sièges sur les 120 de la Knesset pour gouverner. Or, les dernières projections ne garantissent cette majorité à aucun camp. Ainsi, même une défaite électorale de Netanyahou ne signifierait donc pas nécessairement son départ immédiat.
Surtout, ce scrutin intervient dans une société traumatisée, où les fractures politiques, religieuses et sociales se sont considérablement aggravées. Entre les partisans d'une fuite en avant militaire et ceux qui exigent des comptes, entre les religieux ultraorthodoxes bénéficiant d'exemptions militaires et les familles dont les enfants combattent depuis des années, le contrat national israélien paraît dangereusement fragilisé.
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