Un membre d’équipage du porte-avions Charles-de-Gaulle a rendu publique la position du bâtiment en enregistrant un jogging sur l’application sportive Strava, selon une enquête publiée par Le Monde le 19 mars 2026. L’activité, laissée en accès public, permettait de visualiser le tracé GPS effectué sur le pont d’envol, rendant possible la localisation du navire.
Les données publiées situaient le groupe aéronaval français en Méditerranée orientale, dans une zone marquée par de fortes tensions militaires. Dans le contexte d’une guerre régionale en cours, la divulgation de la position d’un porte-avions à propulsion nucléaire soulève des questions sur le respect des règles de sécurité opérationnelle au sein des forces armées.
Ce type d’incident n’est pas inédit. Des enquêtes précédentes avaient déjà montré que l’usage d’objets connectés par des militaires français avait permis de reconstituer des patrouilles de sous-marins nucléaires ou de localiser des installations sensibles. À chaque fois, ces révélations avaient mis en évidence des failles dans l’encadrement des pratiques numériques.
Ce nouvel épisode relance les critiques sur la discipline et les procédures de protection de l’information au sein de la Marine nationale. Il est permis de s’interroger sur le niveau réel de contrôle exercé sur l’usage d’applications connectées par des personnels engagés dans des opérations militaires, alors même que les risques liés aux fuites de données sont connus depuis plusieurs années.
Sources
- Le Monde — https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/19/stravaleaks-le-porte-avions-charles-de-gaulle-localise-en-temps-reel-par-le-monde-grace-a-l-application-de-sport_6672445_3210.html