La guerre en cours autour de l’Iran et du Golfe persique provoque la plus importante perturbation de l’approvisionnement pétrolier jamais enregistrée, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’organisme estime qu’au moins 10 millions de barils par jour ont été retirés du marché mondial depuis le début des combats, en raison du blocage du détroit d’Ormuz et de la réduction de production dans plusieurs pays du Golfe.
En temps normal, la production mondiale de pétrole se situe autour de 100 millions de barils par jour. Le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique entre l’Iran et Oman, voit transiter près d’un cinquième du commerce mondial de brut. Sa fermeture partielle perturbe directement les exportations de l’Arabie saoudite, de l’Irak, du Koweït, des Émirats arabes unis et du Qatar.
Le conflit est entré dans son treizième jour et les tensions restent élevées dans l’ensemble de la région. Selon plusieurs sources concordantes, deux pétroliers ont été attaqués au large des côtes irakiennes, accentuant les inquiétudes sur la sécurité du trafic maritime dans le Golfe. Plusieurs compagnies de transport ont déjà suspendu leurs opérations dans la zone.
Les conséquences économiques commencent à se faire sentir sur les marchés. La baisse de l’offre mondiale de pétrole entraîne une hausse rapide des prix de l’énergie, avec un risque de transmission à l’ensemble de l’économie. Les analystes redoutent un retour de l’inflation, une augmentation des coûts de transport et un ralentissement de la croissance dans les pays importateurs.
Un enlisement durable du conflit pourrait amplifier ces effets. Une perturbation prolongée du détroit d’Ormuz exposerait l’économie mondiale à un choc énergétique comparable, voire supérieur, aux crises pétrolières des années 1970, en raison du niveau actuel de dépendance aux échanges maritimes et à l’approvisionnement du Moyen-Orient.