Israël écarte la France des discussions avec le Liban, selon son ambassadeur à Washington

L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis a indiqué que son pays ne souhaitait pas voir la France participer aux discussions avec le Liban. Cette prise de position intervient alors que les échanges portent sur la mise en œuvre du cessez-le-feu et la situation à la frontière.

Israël écarte la France des discussions avec le Liban, selon son ambassadeur à Washington
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Israël ne souhaite pas que la France prenne part aux discussions avec le Liban, a déclaré son ambassadeur aux États-Unis, dans un contexte de contacts diplomatiques liés à la frontière israélo-libanaise et à l’application du cessez-le-feu en vigueur depuis la fin de l’année 2024. Cette position a été exprimée publiquement à Washington, alors que plusieurs acteurs internationaux suivent les échanges entre les deux pays après des mois de tensions armées.

L’ambassadeur, Yechiel Leiter, a justifié cette opposition en mettant en cause l’attitude française à l’égard d’Israël. Ses propos interviennent alors que Paris a historiquement joué un rôle au Liban et qu’il entretient des relations suivies avec les autorités libanaises. La France est aussi engagée de longue date au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la Finul, déployée dans le sud du pays.

Depuis l’automne 2023, la frontière entre Israël et le Liban a été le théâtre d’échanges de tirs quasi quotidiens entre l’armée israélienne et le Hezbollah. Le conflit s’est intensifié à plusieurs reprises avant qu’un cessez-le-feu n’entre en vigueur le 27 novembre 2024, sous médiation des États-Unis et de la France selon plusieurs annonces officielles faites à l’époque. L’accord prévoyait notamment un retrait des combattants du Hezbollah au nord du fleuve Litani et un renforcement du déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays.

Malgré cette trêve, la situation est restée fragile. L’armée israélienne a poursuivi des frappes ciblées qu’elle présente comme dirigées contre des membres ou des infrastructures du Hezbollah, tandis que le Liban et le mouvement chiite ont dénoncé des violations répétées de l’accord. Les autorités libanaises ont fait état, à plusieurs reprises, de morts et de destructions dans le sud du pays depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

Les discussions en cours portent notamment sur les modalités d’application de l’accord, sur le retrait israélien de certaines positions encore occupées dans le sud du Liban et sur le rôle du mécanisme international de supervision. Les États-Unis occupent une place centrale dans cette séquence diplomatique. La déclaration de l’ambassadeur israélien marque ainsi une réserve explicite à l’égard d’un élargissement du cadre de négociation à Paris, alors même que la France avait participé aux efforts diplomatiques ayant conduit à la trêve.

Cette prise de position intervient sur fond de relations tendues entre Israël et la France. Ces derniers mois, des divergences se sont exprimées publiquement sur la guerre à Gaza, sur l’aide humanitaire, sur les initiatives diplomatiques françaises au Proche-Orient et sur la perspective d’une reconnaissance d’un État palestinien. Dans ce contexte, l’exclusion demandée par l’ambassadeur israélien traduit un durcissement politique à l’égard de Paris dans un dossier où la France conservait jusqu’ici un rôle diplomatique et militaire reconnu.

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