Depuis le début du mois de mai 2024, l’indice sectoriel européen SXAP, qui regroupe les principales valeurs automobiles cotées, a perdu près d’un tiers de sa valeur. Cette baisse intervient après un point haut enregistré au printemps, dans un contexte alors marqué par des anticipations de stabilisation des marchés et de reprise progressive du secteur.
La trajectoire de Stellantis s’inscrit dans ce mouvement de repli. Le constructeur, issu de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, figure parmi les principaux groupes automobiles européens cotés. Son évolution boursière reflète les interrogations persistantes des investisseurs quant aux perspectives de rentabilité, aux volumes de production et à la capacité du secteur à absorber les mutations technologiques en cours.
Le secteur automobile européen est confronté à plusieurs contraintes simultanées : ralentissement de certains marchés, intensification de la concurrence internationale et investissements massifs nécessaires dans l’électrification et la transition énergétique. À ces éléments s’ajoutent des incertitudes réglementaires et des tensions sur les chaînes d’approvisionnement, qui continuent d’affecter la visibilité industrielle.
Dans ce contexte, la baisse de l’indice SXAP traduit une défiance accrue des marchés à l’égard des constructeurs européens. Il est permis de s’interroger sur la cohérence des stratégies industrielles mises en œuvre face à des exigences financières élevées et à une concurrence mondiale soutenue. Le recul observé ne concerne pas une seule entreprise, mais l’ensemble d’un secteur stratégique pour l’emploi, l’exportation et la souveraineté industrielle en Europe.
La séquence actuelle met ainsi en lumière les fragilités structurelles d’une filière engagée dans une transformation profonde, dont l’issue dépendra à la fois des choix industriels, des orientations publiques et de l’évolution de la demande mondiale.