Dans un rapport publié récemment, la Cour des comptes européenne juge « grave » la situation de dépendance de l’Union européenne vis-à-vis des matériaux critiques, tels que le lithium, le cobalt, le nickel ou les terres rares. Ces ressources sont indispensables à la fabrication de batteries, d’éoliennes, de panneaux solaires ou de composants électroniques.
Les auditeurs soulignent que l’UE dépend fortement de quelques pays tiers pour l’extraction, le raffinage et la transformation de ces matériaux. La Chine occupe une position dominante dans plusieurs chaînes de valeur, tandis que la Russie figure parmi les fournisseurs de certaines matières premières critiques, notamment pour des métaux utilisés dans les technologies de transition. Le rapport relève que cette dépendance n’est pas systématiquement quantifiée de manière consolidée au niveau européen.
Selon la Cour, cette concentration des approvisionnements expose l’Union à des risques économiques, industriels et géopolitiques, en particulier dans un contexte de tensions internationales et de restrictions potentielles à l’exportation.
La Commission européenne a fixé des objectifs visant à développer l’extraction, le raffinage et le recyclage de ces matériaux sur le territoire de l’Union, notamment à travers le règlement sur les matières premières critiques. Toutefois, la Cour estime que ces objectifs restent difficiles à atteindre dans les délais annoncés, en raison de procédures administratives longues, d’une acceptabilité sociale limitée et d’un manque de financements clairement identifiés.
Le rapport pointe enfin des lacunes dans la coordination entre États membres et dans le suivi des progrès réalisés. Sans actions plus rapides et mieux structurées, l’Union européenne risque, selon la Cour, de ne pas sécuriser les volumes nécessaires à la mise en œuvre de ses ambitions industrielles et climatiques.