Cuba a annoncé de nouvelles mesures économiques ouvrant davantage de segments de son économie étatique aux entreprises privées. Les réformes portent notamment sur l’assouplissement des règles d’accès et d’usage des terres, la possibilité pour certaines entreprises d’importer du carburant et des médicaments, ainsi que l’autorisation donnée à des opérateurs touristiques privés. Cette nouvelle étape s’inscrit dans une série de changements engagés depuis plusieurs mois par les autorités cubaines pour desserrer les contraintes pesant sur l’activité intérieure.
Le président Miguel Díaz-Canel a présenté ces décisions comme une réponse à la crise traversée par le pays, marquée par des pénuries récurrentes d’énergie, de médicaments et de biens de base. Selon plusieurs médias, les autorités cherchent à élargir les marges d’action du secteur non étatique tout en maintenant la prééminence du pouvoir public sur les leviers centraux de l’économie. Le gouvernement cubain a aussi relié ces ajustements à la pression exercée par les sanctions américaines et aux difficultés d’accès aux devises, dans un contexte de forte contraction économique.
Miguel Díaz-Canel a affirmé que ces réformes ne visaient pas à répondre aux demandes de Washington et qu’elles ne s’inscrivaient pas dans une logique de privatisation générale. Il a exclu toute privatisation des soins de santé, de la science, de la culture et d’autres secteurs considérés comme stratégiques. Le chef de l’État a rejeté l’idée d’un basculement vers ce qu’il a qualifié de « capitalisme prédateur », tout en défendant des ajustements ciblés du modèle économique cubain.
Depuis 2021, Cuba a déjà autorisé la création de petites et moyennes entreprises privées, une évolution longtemps inédite dans le cadre institutionnel de l’île. En 2026, les autorités ont encore élargi ce mouvement avec l’ouverture aux entreprises mixtes entre acteurs publics et non étatiques et avec un ensemble de mesures de libéralisation encadrée. Les nouvelles annonces prolongent cette trajectoire en donnant plus de souplesse au secteur privé, sans remise en cause affichée du contrôle de l’État sur les secteurs qu’il juge essentiels.
Sources :
- « Cuba loosens control of its private sector in a struggle with a mounting humanitarian crisis » — apnews.com
- « Sous la pression des Etats-Unis, Cuba entre dans l’ère de l’économie de marché » — lemonde.fr
- « Cuba se abre al capitalismo ante la asfixia de EE UU: estas son las medidas que cambiarán el país » — elpais.com
- « Cuba se abre por primera vez en casi 70 años a las empresas público-privadas » — elpais.com
- « Implementar las transformaciones urgentes, las más necesarias en el modelo económico y social » — granma.cu