Dans les arcanes feutrées des stratégies géopolitiques contemporaines, une nouvelle étape s’écrit à la jonction de la mer Rouge et de la mer d'Arabie, et ce n'est pas moins que la naissance d'un nouvel Etat, le Somaliland.
Depuis plusieurs mois, la république autoproclamée du Somaliland, entité politique située dans le nord-ouest de la Somalie et non reconnue par l’Organisation des Nations unies, ni par la quasi-totalité des États, mais ayant compris et intégré le caractère « transactionnel » de Donald Trump, multiplie les offres et négociations avec l’administration du président américain — offrant aux États-Unis un accès exclusif à ses riches gisements de minerais stratégiques et la possibilité d’implanter des bases militaires sur son territoire. Cette offensive diplomatique et économique vise à obtenir une reconnaissance internationale de facto, et éventuellement de jure, mais elle conduit aussi à questionner la nature réelle des relations entre Washington et Hargeisa — capitale du Somaliland — dans un monde dominé par les superpuissances et où les États fragiles négocient leur survie à coups de concessions et d'empiètement sur leur souveraineté réelle.
Au carrefour stratégique des routes maritimes
Le Somaliland, qui s’est autoproclamé indépendant de la Somalie en 1991 après l’effondrement du régime de Mogadiscio, maintient depuis plus de trois décennies un ordre interne relativement stable dans une région marquée par les violences et l’insécurité. Sans reconnaissance internationale officielle, il administre ses propres institutions, organise des élections et gère ses ressources, tout en restant officiellement une région de la Somalie selon le droit international.
Sa situation géographique le place au bord du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique par lequel transitent chaque année des centaines de milliards de dollars de marchandises entre la mer Rouge et l’océan Indien — un corridor maritime que se disputent indirectement puissances régionales et mondiales. Dans ce contexte, la volonté d’installer des installations militaires américaines — à la fois navales et aéroportuaires — à proximité de ce point névralgique serait, pour Washington, un atout considérable pour surveiller et protéger ces flux économiques tout en contrebalançant l’influence croissante de Pékin dans la Corne de l’Afrique, où la Chine dispose déjà d’une importante base militaire à Djibouti (comme d'ailleurs les Etats-Unis).
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